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1 octobre 2008 3 01 /10 /octobre /2008 16:51


1. IL FAUT SAUVER LE CAPITALISME !

      
        De 1946 à 1973, l'Europe occidentale connut 27 années d'essor économique, rebaptisées "les Trente Glorieuses" pour arrondir au chiffre supérieur.

       En 1974, le 1er "choc pétrolier" marqua l'avènement d'un processus de crises économiques, dont les cycles se rapprochent grosso modo. Si l'on établit un listing des krachs les plus importants, cela donne :

           - 1974 : 1er choc pétrolier

           - 1979 : 2ème choc pétrolier

           - 1987 : krach boursier mondial

           - 1993 : crise du système économique européen

           - 1994 : crise du peso mexicain

           - 1997 : krach boursier asiatique

           - 1998 : crise économique dans la CEI (Russie, Belarus, Ukraine)

           - 1998-2002 : crise économique argentine

           - 2000 : éclatement de la "bulle Internet"

           - 2002 : crise monétaire en Turquie

           - 2008 : krach boursier mondial ("crise des subprimes")

      Le gigantesque krach boursier qui vient de se produire a réveillé chez la classe capitaliste cette crainte instinctive de voir son système lui échapper, que les leviers de commande ne répondent plus et surtout, que la crise n'engendre un cataclysme social.
     
      Alors, depuis une semaine, le mot d'ordre c'est : "Tout le monde sur le pont !" Droite comme gauche, écolos comme libéraux, on se serre les coudes. Chacun y va de sa petite proposition pour sauver ce qui peut l'être, mais l'essentiel est surtout que perdure l'économie de marché.
      Quand éclate une guerre mondiale, la Bourgeoisie sonne le tocsin et tout le monde se rallie à l'appel général. Aujourd'hui c'est pareil : gauche comme droite trouvent tout naturel que la classe salariée états-unienne soit ponctionnée de 1400 milliards de dollars pour permettre à ses employeurs de continuer de l'exploiter vaillamment. Et la vieille Europe d'emboîter le pas aux impérialistes yankees. En Hollande et en Allemagne, en Angleterre et en France, en Italie et en Belgique, etc. on ponctionne le prolétariat pour remettre d'aplomb la roue infernale du Profit.

     Au fait, quelles sont donc les causes du krach selon les "spécialistes" payés pour le savoir ? Il n'y a qu'à choisir à la supérette des "consultants-économistes-conseillers-financiers-analystes-fumistes-fumeux", au rayon "recettes bidon" :

     - c'est un problème moral : les financiers sont des gens sans scrupules ;
     - c'est la faute au "tout-libéral", au "laisser-faire" du Marché ;
     - c'est un phénomène incontournable du système, comme les tsunamis pour le climat et les éruptions volcaniques pour la géologie ;
      - c'est une question de compétences : il faut virer les décideurs "incompétents" et les remplacer par des "compétents" ;
      - il n'existe pas de causes "rationnelles", cela relève du para-normal.
    
     Alors pourquoi ne pas rappeler ce que disait K.Marx en 1859 :

     "La société possède trop de civilisation, trop de moyens de subsistance, trop d'industrie, trop de commerce".

     "Trop" par rapport à quoi ? Par rapport aux limites de plus en plus contraignantes imposées par les rapports de production privés. D'ailleurs, tout le monde peut le constater :

les profits sont privés, la dette est "publique".

      La crise résulte de la collision brutale entre des forces productives - dont font partie les travailleurs quels qu'ils soient - toujours en expansion et des rapports de production qui s'approprient les fruits du travail de manière privative.

       Dans le Manifeste du Parti communiste, Marx et Engels écrivent :

     "Comment la bourgeoisie réussit-elle à surmonter les crises (bien entendu si le prolétariat ne s'en mêle pas) ? D'une part en détruisant par la force une grande quantité de forces productives ; de l'autre, en conquérant de nouveaux marchés et en exploitant plus intensément les marchés existants".

        Il faut revenir sur la conditionnalité fondamentale posée par Marx/Engels :

     est-ce que , lorsque surgit la crise, le prolétariat - c'est-à-dire salariés et chômeurs - "s'en mêle" ou pas ?

      En démocratie, forme bourgeoise par excellence, le prolétariat n'a pas cette possibilité. La seule manière pour lui de "s'en mêler", c'est d'utiliser sa force économique et sociale pour peser sur la classe dirigeante de manière coercitive, soit lutter, faire la grève et mieux si élargissement du mouvement. De toute manière, un krach d'une telle ampleur ne pose pas à la classe salariée le problème des "solutions" à trouver pour rabibocher le système et sauver le capitalisme, ce régime même qui la tient en esclavage depuis 2 siècles et demi, mais bien plutôt la question du pouvoir politique et du mode de production. La crise remet à l'ordre du jour l'hypothèse révolutionnaire d'une société sans profit, sans Marché, sans échange mercantile. C'est pour cela que l'on assiste à une telle mobilisation de toutes les "énergies" et toutes les "bonnes volontés" pour voler au secours de ce pauvre capitalisme qui ne va pas bien. Il ne s'agirait pas que l'on commence à douter de la pérennité de la société bourgeoise. Le "on est tous sur le même bateau" est ressassé à l'envie  par l'industrie médiatique.

      Mais il faut bien admettre ceci : les Etats dominants sont prêts à mettre le gros paquet pour remettre sur les rails la roue du Capital, c'est-à-dire à faire peser davantage sur les travailleurs les conditions d'une reprise de la sainte croissance, ceci élargissant encor les conditions de la prochaine crise. Quoiqu'ils fassent, les dirigeants ne sauraient atténuer le clivage mortel entre "le volcan de la production et le marécage du marché", pour reprendre une image de Marx/Engels.   


[à suivre]
    

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Published by Sous-lieutenant Piotr Marat KARPOV - dans Politik
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