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3 août 2008 7 03 /08 /août /2008 00:00

(CHRONIQUE ESTIVALE)

MONDIAUX DE LA PHARMACIE SPORTIVE : BIENTÔT L'OUVERTURE

     A l'approche des J.O. pékinois, qui seront le plus grand rassemblement de mutants bioniques de l'histoire de l'humanité, il est l'heure de se réjouir à l'apparition d'une nouvelle discipline sportive : le dopage olympique, autrement nommé "dopolympic". Quels sont donc ses fondements et ses principes ?

     Tout d'abord, il est nécessaire que le pratiquant du dopolympic accepte de servir de souris blanche à des scientifiques en blouses tout aussi blanches (que la souris). Ensuite qu'il apprenne à parler comme un robotomisé, en prononçant des sentences pré-digérées dont voici quelques exemples :

     - Je suis contre le dopage et pour des sanctions exemplaires contre les tricheurs ; moi-même je ne me suis jamais dopé, j'ai ça en horreur (attention, vous êtes en train de marcher sur le quintuceps de ma 4ème jambe).

     - J'ai hâte de participer aux Jeux Olympiques, c'est le rêve de tout athlète, la grande fête du sport et du pogn... et de la fraternité.

     - Je suis pour un monde meilleur et, au moment de la cérémonie d'ouverture des Jeux, mon petit doigt gauche sera levé vers mon pin's "pour un monde meilleur les pieds devant", en signe de soutien discret mais ostentatoire aux Népalais, euh non, aux Tibétains.

     - Je participe aux J.O. pour montrer qu'on peut gagner des médailles "propres", en accord avec mon médecin traitant, le Docteur Ferrari, qui ne boit que du bio-éthanol en-dehors des repas.

     Il faut prévoir essentiellement entre 30 et 50 contrôles positifs aux J.O., qui seront le fait d'athlètes pas assez informés ou fortunés pour utiliser autre chose que de l'EPO 3ème génération, malheureusement détectable (comme l'a montré le cas du cycliste italien Roberto Ricco). Les autres participants, qui auront eu le courage et les moyens d'expérimenter le nec plus ultra du dopolympic, c'est-à-dire un booster génétique conçu à partir de cellules-souches, passeront au travers et seront médaillés à hauteur de leurs mérites. Ce truc-là, voyez-vous, est imparable : vous l'ingurgitez, aussitôt il va titiller celles parmi les cellules qui produisent de l'EPO, pour les inciter à en sur-produire (comme en économie capitaliste). Bien joué ! Performances et records du monde vont tomber comme à Gravelotte, les sportifs professionnels seront contents, les sponsors seront satisfaits, les dirigeants chinois pourront capitaliser le succès des Jeux et le CIO en sortira tête haute (et braguette ouverte comme d'hab').

     Le CIO, l'hybridation d'une loge maçonnique, d'un club aristocratique privé et de l'onorata societa, rachète TOUTES les images des Jeux Olympiques pour avoir ainsi la main-mise sur les "valeurs olympiques" qui sont, rappelons-le à l'attention des étourdis et des réfractaires malintentionnés :

     - la performance sur-humaine, l'esthétique du muscle bandé, l'intransigeante compétition, les médailles en colliers, la célébration d'une "fraternité" mondiale en peau de chinchilla et les réunions entre princes, ducs, cardinaux et banquiers pour gérer les affaires courantes (qui se chiffrent par milliards d'euros).

     Tout est fin prêt pour que se lève enfin le rideau sur les Jeux du cirque olympique. Après avoir fait le salut (bras et main tendus, mais sans prononcer "heil !"), les athlètes déclameront devant les chefs d'Etat, ministres et autres huiles la formule rituelle :

Ave CIO
dopolympicturi te salutant
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commentaires

(
'Les pays qui récoltent le plus de trophées sportifs sont ceux où on s'emm... le dimanche' assurait ce qu'il est convenu d'appeler un bon auteur. Persistant en dépit ou à cause de l'internationalisme débridé dont font assaut tant les altermondialistes de toutes obédiences que les libéraux les plus rigoureux - et ce n'est pas la première fois que l'on relève des connivences navrantes entre tous ces énervés -, ce que l'on peut avoir de fierté nationale se réjouit donc de ce que les athlètes français brilleront sans doute aussi peu aux jeux - pas de majuscules, camarade correcteur, c'est délibéré - que dans leurs coupes du monde respectrives leurs acolytes footballeurs ou rugbymen. Je n'ignore pas, jeune Karpov, que vous clamez votre amour pour le rugby mais j'y vois la marque de votre considérable modestie, vous affichez ainsi quelques travers pour dissimuler à l'humanité souffrante que vous êtes parfait.
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S

Salut fraternel ô (Vieux) Thierry.

"L'internationalisme débridé" semble surtout à Karpov le fait d'une classe dirigeante qui s'efforce de gérer planétairement un mode de production planétaire. Quant au nationalisme
sportif, les instances olympiques l'entretiennent soigneusement (levers de drapeaux, hymnes nationaux). Cela constitue l'indispensable lubrifiant à la compétition : battre les Chinetoques, aplatir
les Ricains, etc. Durant les Jeux pékinois, chaque télé nationale retransmettra en priorité les compétitions où figurent "ses" athlètes.

La passion rugbystique de Karpov lui vient de l'enfance, et elle a de plus en plus de mal à s'accorder avec ce que devient professionnellement ce sport.