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7 juillet 2008 1 07 /07 /juillet /2008 00:00


(CHRONIQUE ESTIVALE)

     Le bel attelage présidentiel que voilà : un petit bonhomme trapu monté sur ressorts à boudin et un échalas femelle top-modèle demi-mondaine susurreuse de la gauche sac à main Prada.

     Elle, elle se tient non pas dans l'ombre trop petite de son mari bourré de tics et de tocs, mais dans la lumière des projos d'où elle lui fait de l'ombre comme la Tour Eiffel sur le Trocadéro, ou plutôt sur le kiosque à journaux posé devant.

     Mais ce n'est pas de ça qu'il s'agit de causer (si matière à causer il y a). Lui vient juste de se fendre d'une déclaration vengeresse et triomphaliste  :

     "Notre pays est en train de muter en profondeur sans que l'on s'en rende bien compte pour le moment. Désormais, quand il y a une grève en France, plus personne ne s'en rend compte".

     Il a tout-à-fait raison. Sur ce plan-là, il s'est montré efficace et a obtenu gain de cause. Dans cette tâche, les syndicats l'ont bien épaulé. Voilà où mène leur pratique et leurs discours depuis 50 ans, sur la "légalité", le "droit de grève", la "libre expression" des salariés et la soi-disant nécessité d'être médiatisé et soutenu par "l'opinion publique".

     Encor une fois, mais pas l'ultime :

     la grève n'est nullement un "droit", c'est une arme de classe.

     Une arme non négociable devant les "partenaires sociaux", les tribunaux ou les "usagers". Les salariés n'ont jamais obtenu un quelconque droit de la part de la classe dirigeante. Tout a été arraché à la force des actions de classe illégales, en arrêtant spontanément le travail sans préavis pour une durée illimitée, en s'affrontant aux chiens policiers, en se faisant tirer dessus par la troupe, en cassant les machines et en cramant les locaux, etc.
     Jamais l'humaniste classe qui tient le système dans ses griffes n'a "accordé" quoi que ce soit. Il a fallu la saisir au collet pour qu'elle lâche quelque chose. Et encor, un quelque chose qu'elle est prête à se réapproprier dès que le rapport de force reflue en sa faveur.

     Observez ce qui se passe depuis au moins 30 ans : la Bourgeoisie reprend tout. Mais cela n'est pas suffisant. Il lui faut humilier les salariés et, en ce nain jaune qui préside aux destinées du capitalisme français, elle a trouvé le gendre idéal pour ce type de besogne. Un gendre soutenu par une grue cendrée qui a l'air d'agiter d'invisibles ficelles au niveau des omoplates à ce Gnafron, lui, heureux jusqu'à la névrose d'exhiber un oiseau exotique trop beau pour lui, comme une Rolex ou une secrétaire d'Etat noire.

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