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1 mai 2008 4 01 /05 /mai /2008 09:10







     Encore un 1er mai qui offre le spectacle des syndicats-administrations effectuant force manifestations d'impuissance et ronds de jambe alambiqués autour d'un patronat repu de profits, notamment grâce à la crise.
  
      A l'approche de "l'anniversaire" de Mai 68, qui sera un enterrement de 1ère classe de plus, le Sous-Lieutenant Karpov s'adresse directement aux spécialistes, sociologues, bougres d'éconos (-mistes), ânes (à listes) patentés, grands moutardiers du Pape et dépendeurs d'andouilles attitrés, anciens philosophes décatis, attardés 68-tards gâteux et autres ex-révoltés en chambre, de petits-bourgeois conformistes devenus vieux contre-révolutionnaires simiesques :

      vous vous êtes faits porte-parole de la classe dominante, vocation découverte par d'aucuns d'entre-vous ou jeune ou sur le tard ; votre rôle tout autant misérable qu'infâmant, c'est de faire accroire à tous et tout un chacun que le seul "remède" aux ignominies perpétrées par la crise du capitalisme, est soit la fuite en avant vers une reprise de la croissance - c'est-à-dire la marche forcée vers la prochaine crise - soit le recours à l'alternative crapuleuse du commerce "équitable", du "développement durable", du flexible biologique et autres tartes à la crème écolo-capitalistes.
       Naturellement, vous n'omettez pas, ô phraseurs assermentés, verbeux luisants, tristes lombrics à peine sortis du Fillon sociétal, de recommander à vos mandataires bourgeois de corriger les "excès" les plus voyants de leur système, d'"épurer"
en surface les colonnes budgétaires, de ré-équilibrer les déséquilibres les plus problématiques (susceptibles de mettre le feu aux poudres).
       Ce faisant, vous récitez pleinement votre partition lubrifiante, votre sirop inter-classiste ; en cela, vous n'êtes qu'un détail dans la vision de Karl Marx, l'épouvantail qui hante vos dessous-de-lit :

         dans le cours de l'impérialisme se succèdent les unes aux autres "les périodes d'activité ordinaire, de production à haute pression, de crise et de stagnation" (Le Capital). Ces phases successives se conditionnent mutuellement comme autant de maillons d'une chaîne unique. L'énorme développement de la production va de pair avec "la dilapidation la plus effrénée du travail productif et des moyens de production sociaux" (idem).
        Cette dilapidation extraordinaire, ce gaspillage frénétique sont les avatars inexpugnables du "progrès", de la sacro-sainte croissance permis par la concurrence anarchique, les champignons vénéneux sans lesquels le mode de production péricliterait, péricliterait à votre grand dam, car alors que deviendriez-vous, petits aspirateurs à miettes tombées du banquet capitalistique ? Et le plus que jamais vivant
fantôme dialectique continue de faire résonner dans vos feuilles de choux la réalité prosaïque et explosive : "l'accumulation de richesse à un pôle est une égale accumulation de pauvreté, de souffrance, d'ignorance, d'abrutissement, de dégradation morale, d'esclavage, au pôle opposé" (idem). Ici, vous êtes reconnus, vous trouvez votre place : l'abrutissement, l'esclavage mental, c'est votre partie ; vous en avez têté, vous voulez en faire profiter les autres, vous ne vous en privez pas et vous ne les en privez nullement.
        Le Sous-Lieutenant  résume : la "croissance" capitaliste est la condition de la crise, elle est également son résultat. Pendant ce temps vous, laquais-penseurs du système, glosez jusqu'à vomissement rhétorique sur les remèdes
administrables à un mécanisme dont la fièvre endémique est, comme Karpov vient de vous l'indiquer, nécessaire et vitale à sa survie.

      Cependant, le popotin confortablement installé sur vos coussinets brodés de
soyeuses citations dorées de John Maynard Keynes, vous n'avez d'autre sinécure que celle de gardiens du Temple de la consommation et de la croissance, omettant sciemment de tirer de chaque crise qui vient successivement frapper le système, la leçon d'instruction non-civique mise en lumière à chaque coup de boutoir, et ce toujours au plus profond du tréfond des bas-fonds :

      la crise, c'est la loi réelle de l'économie mercantile, la manifestation crue et brutale du mouvement réel du capital, de ses phases successives, le paroxysme de la logique du profit, l'impitoyable mise à nu de l'ignominie suprême, l'esclavage salarié, ne faisant que révéler "ce qui distingue l'époque bourgeoise de toutes les autres : le bouleversement constant de la production, l'ébranlement incessant de toutes les conditions sociales, l'insécurité et l'agitation perpétuelles" (K.Marx/F.Engels, Manifeste du Parti communiste).

       Contrairement à vous les paltoquets perroquets toqués de syntaxe bourgeoise, la crise est subversive. Elle met à bas les statues des commandeurs auparavant célébrés, balaye d'un revers chiffré les normes dominantes pour en instaurer de nouvelles qui seront balayées à leur tour à la prochaine ébullition.

       "Toute hiérarchie et toute permanence se volatilisent, tout ce qui est sacré est profané et les hommes sont enfin contraints de considérer d'un oeil froid leur position dans la vie, leurs relations mutuelles" (idem).

      Que semble régner l'harmonie des classes et la paix des ménages, voilà que surgit la semeuse de chaos, faucheuse de vies, de liens, de fraternité ; voilà que l'anarchie - oui, l'anarchie ! - devient "le fondement de l'état de chose public moderne, de même que cette vie publique est à son tour la caution de cette anarchie" (idem). Cette irrationnelle chienlit, vos maîtres vous ont posés là où vous vous tenez pour la torcher du Fillon de la Raie publique, ô nettoyeurs d'égoûts, frottasseurs du moisi vergetant les graisses capitalistes exsudées par la sur-production.
    
     Les salariés sont sommés à toute force de s'opposer les uns aux autres, de se concurrencer, faire le trottoir sur le marché du travail, au prix de leur survie en tant que membres de la société esclavagiste. La crise économico-politique érige en dogme  au-dessus des dogmes le principe concurrentiel, entre salariés, hommes et femmes, "jeunes" et "vieux", humains et "animaux", frères et soeurs, enfants et parents, autochtones et immigrés, vivants et morts, etcetera. "Dès lors que la liberté de l'industrie et du commerce abolit l'exclusivisme privilégié et, par la suite, supprime la lutte que se livraient les divers exclusivismes, pour la remplacer par l'homme...qui n'est même plus lié à son semblable par l'apparence d'un lien universel, ...toute la société bourgeoise n'est alors plus que cette guerre réciproque" (K.Marx/F.Engels), La Sainte Famille).

        Tous, tous aspirés par l'entonnoir furieux de la paupérisation. Mêmes certains qui, enjôlés par les hullulements de vos sirènes patriotiques, se croyaient immunisés parce que membres de cette classe moyenne petite-bourgeoise humaniste bien-pensante politiquement correcte et droite comme un bâton de chaise merdeux. C'est que, malgré vos incantations extatiques, la crise démocratise à tout le monde la situation habituelle des salariés, situation dans laquelle "leurs conditions de vie propre, le travail et, de ce fait, toutes les conditions d'existence de la société actuelle, sont devenus pour eux quelque chose de contingent, sur quoi les prolétaires isolés ne possèdent aucun contrôle et sur quoi aucune organisation sociale ne peut leur donner le moindre contrôle" (K.Marx/F.Engels, L'idéologie allemande).
     

       Alors, à l'occasion de ce énième 1er Mai sans luttes, anniversaire sempiternel de l'atomisation contre-révolutionnaire des salariés, de l'individualisation de la liberté démocratique d'être exploité sans vergogne, le Sous-Lieutenant Karpov souhaite "bonne fête" à tous les dispendieux du bon conseil et de l'analysette rémunérée, de la pétition pétante et péteuse, du vote citoyen et de la charité spectaculaire, tant que la société bourgeoise a besoin de leurs services pour opiumiser les masses.




   

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Published by Sous-lieutenant Piotr Marat KARPOV - dans LA TRONCONNEUSE
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