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14 mars 2008 5 14 /03 /mars /2008 16:03

    
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     "Dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé et le pasteur parce qu'il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d'un engagement porté par l'espérance".

    
     "Je m'étonne qu'on puisse s'offusquer qu'un président en exercice puisse dire tout simplement que l'espérance religieuse reste une question importante pour l'humanité".

    
     "Je souhaite que nos enfants aient aussi le droit de rencontrer à un moment de leur formation intellectuelle et humaine des religieux engagés qui les ouvrent à la question spirituelle et à la dimension de dieu".

    
     "Je me suis saisi de l'immense besoin de spiritualité qui s'est fait jour dans la société".

    
     "La morale laïque risque toujours de s'épuiser quand elle n'est pas adossée à une espérance qui comble l'aspiration à l'infini".

    
     "Le drame du XXème siècle n'est pas né d'un excès de dieu mais de sa redoutable absence. Il n'y a pas une ligne de la Torah, de l'Evangile ou du Coran...qui puisse . s'accommoder des massacres commis en Europe au cours du XXème siècle au nom du totalitarisme et d'un monde sans dieu".


N. Sarkozy, président de la république


ordre-religieux.jpg
     
    Le "drame" du XVIème siècle, de la Renaissance et des grandes conquêtes civilisationnelles, est né dans la ferveur religieuse chrétienne, redoutablement présente tout au long de l'effacement des millions d'Indiens qui, durant des millénaires, avaient vécu sans le "dieu" des Civilisés.
        Grace aux théologiens, les enseignements de la Bible et de la parole christique s'accommodèrent largement de ce qui se perpétrait
dans le Nouveau Monde par l'épée et par la croix. Au nom du totalitarisme divin, les populations indigènes furent christianisées jusqu'à l'épuisement des insurrections indiennes, perdurant jusqu'aux mouvements d'indépendance nationale. 


DEVOIR DE MEMOIRE : 1492-1550 AMERIQUE DU SUD
   
IV

      Cortes-et-Cuauhtemoc.jpg

    
     Le 13 août 1521 à Tenochtitlan (Mexique), Cuautehmoc, le dernier Empereur Aztèque, rend les armes au chef Conquistador Hernan Cortés qui, 4 années plus tard, le fera pendre.
     
     Tenochtitlan-IV.jpg

          L'armée espagnole, aidée par les peuples rivaux des Aztèques a rayé Tenochtitlan des cartes terrestres du Nouveau Monde, là où bientôt se dressera Mexico.
     
     Mexico.jpg

     Les Mexicains savaient proche la fin de leur monde. Lorsqu'ils virent les premiers "dieux barbus" venus de la mer poser le pied sur leurs rivages, les "Barbares" comprirent rapidement que ces visiteurs étaient là pour y demeurer et les anéantir, eux et leurs dieux, leurs temples, leurs cités.
    

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     Les Mayas, les Aztèques ou les "Mexicas" considèrent que l'arrivée des Conquistadors est inscrite dans leur genèse, annonçant la  disparition imminente des peuples Sud-Américains. Cette croyance s'accorde miraculeusement avec celle des envahisseurs venus d'Espagne, persuadés, eux, d'être les propagateurs de la "vraie foi" et de la parole du "Christ-roi", pour "sauver" parmi les Indiens ceux d'entre eux qui peuvent l'être (ainsi que les survivants des massacres et des épidémies importées d'Europe).
    

caravelles.jpg

     Entre 1492, lorsque Christophe Colomb débarque à Guanahani (San Salvador) et 1550, disparaît tout le monde Indien et ses composantes. Il a fallu moins de 60 ans aux Conquistadors pour anihiler peuples et civilisations qui venaient d'aussi loin qu'eux dans le temps. Ces envahisseurs redoutables ne sont qu'une première avant-garde de la Civilisation européenne, le bras armé d'une économie en pleine expansion.
    
     Colomb.gif
(Christophe Colomb)
    
    
     La conquête du continent Sud-Américain est la conséquence nécessaire du besoin d'extension de l'Europe ; ce cataclysme impulse la Renaissance, la Renaissance européenne qui fleurit sur l'anéantissement des Civilisations Indiennes.
   
     L'aspect prosaïque de la conquête est loin d'être négligeable : main-mise sur les terres, les hommes et leur force de travail, les femmes et leurs capacités procréatrices, richesses, voies de communication ; la serre gigantesque qui recouvre le Nouveau Monde fait passer en un éclair les civilisations indiennes au néant. Cette main basse
a fuego y a sangre sur un continent a nécessité force massacres, mais aussi l'esclavagisme et encor l'atomisation des Indiens en tant qu'Indiens.
    

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     Les effigies, les représentations de divinités sont pulvérisées sous les yeux de leurs adorateurs, les chamans et les officiants cultuels tués
systématiquement, les coutumes proscrites sous peine de mort. Les conquérants eurent la présence d'esprit de dresser les enfants contre les parents, d'apprendre aux populations indigènes à haïr le passé révolu. Ils eurent l'ingéniosité d'instiller dans les coeurs sauvages des envies et des rivalités jusqu'alors inconnues de ceux-là, de distiller dans les estomacs l'alcool qui fait dégénérer corps et esprit, bref de renvoyer aux Indiens une image dégradante et avilie d'eux-mêmes
    
     Malgré l'interdit officiel prôné par l'Eglise,
la procréation d'une race nouvelle - les métis - qui fera tampon entre Blancs et Indiens, est mise en oeuvre avec ferveur. Ce métissage démultiplie les groupes sociaux hétéroclites entrant directement en concurrence pour trouver leur place dans la nouvelle société ou simplement survivre. En outre, les métis partagent avec les Civilisés blancs un dédain des Indiens "purs", quand ce n'est pas une haine instinctive à l'égard des demi-frères ennemis.
   
     L'injustice est sanctifiée. La spoliation, l'expropriation se font au détriment des Indigènes pour le plus grand profit des conquérants, arbitraire avalisé par des textes de lois conçus sur mesure, justifiant outrageusement les dépossessions. Tout cet écheveau juridique permettra l'anihilation pure et simple des sociétés indiennes, jusqu'à l'indépendantisation du continent Sud-Américain sur lequel perdure
malgré tout l'infériorité sociale des descendants d'Indiens.
     
     Les Conquistadors surent utiliser
à dessein les fléaux qui les accompagnaient  : épidémies et famines sont autant de démonstrations de la volonté divine, de ce que le Tout-Puissant n'admet qu'une loi, la sienne naturellement, dont les conquérants sont les officiants consacrés. En un demi-siècle, la population indienne disparaît dans sa quasi-totalité. Au Mexique, ce sont les Aztèques, les Zapotèques, les Nayars, les Pupurechas. En 1520 ils étaient 25 millions ; moins de 30 ans plus tard, il n'en reste plus que 7 millions.
    
Dit autrement, un génocide.
    
     Azt-que.jpg

     La paix civilisationnelle peut régner sur les mondes calcinés, les rois et les princes exécutés sommairement, sociétés éteintes brutalement tel des candélabres par un souffle tempétueux. Selon les théologiens de la "vraie foi", rien que de plus naturel, car inscrit dans l'ordre divin : les sauvages n'ont aucune spiritualité, plus proches de la bête démoniaque que de l'homme civilisé ; à ceux qui ont survécu au passage du cyclone de la chrétienté, il s'agit d'offrir généreusement une âme.
Au passage, l'indigène est sommé  d'être reconnaissant envers le Blanc qui extirpe en lui le Mal et les tares inhérentes à un monde inférieur, vices diaboliques que les prêtres cautérisent croix en main ; en échange, une âme pieuse, le rachat dans l'Au-delà des péchés inhérents aux races "inférieures". Les survivants de cette apocalypse mettront plus de 2 siècles pour voir enfin les lois en vigueur les considérer comme égaux en "droits" aux Blancs et aux métis.
    
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     Pendant qu'en Europe, la Renaissance célèbre avec une vigueur juvénile des valeurs humanistes exhumées de la Grèce Antique et préparant les Révolutions à venir, la Civilisation judéo-chrétienne règne sur le continent Sud-Américain de toute sa
pure barbarie, prédation d'ordre religieux s'appuyant sur l'extermination et la spoliation systématisée, qui fondera par la suite sur d'autres continents les pratiques du colonialisme : esclavage, travail forcé, expropriations, écrasement des peuples, anéantissement des cultures.
    
     renaissance-humanisme.jpg

     "Le silence du monde indien est un drame dont nous n'avons pas fini de mesurer les conséquences. Drame double, car en détruisant les cultures amérindiennes, c'était une part de lui-même que détruisait le Conquérant, une part qu'il ne pourra sans doute jamais retrouver". (Jean Marie Gustave Le Clézio)


extermination-des-Mayas.gif    

(d'après J.M.G. LE CLEZIO : Le Rêve Mexicain, 1988)
  
 


Urne-fun-raire-Zapot-que.jpg

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Published by Sous-lieutenant Piotr Marat KARPOV - dans karpov
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commentaires

ludo 16/03/2008 18:46

pas toujoursd d'accord avec karpov (manquerait plus que ça)mais là...salutairemerciludo