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7 mars 2008 5 07 /03 /mars /2008 10:07

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     "Dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé et le pasteur parce qu'il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d'un engagement porté par l'espérance".
    
     "Je m'étonne qu'on puisse s'offusquer qu'un président en exercice puisse dire tout simplement que l'espérance religieuse reste une question importante pour l'humanité".
    
     "Je souhaite que nos enfants aient aussi le droit de rencontrer à un moment de leur formation intellectuelle et humaine des religieux engagés qui les ouvrent à la question spirituelle et à la dimension de dieu".
    
     "Je me suis saisi de l'immense besoin de spiritualité qui s'est fait jour dans la société".
    
     "La morale laïque risque toujours de s'épuiser quand elle n'est pas adossée à une espérance qui comble l'aspiration à l'infini".
    
     "Le drame du XXème siècle n'est pas né d'un excès de dieu mais de sa redoutable absence. Il n'y a pas une ligne de la Torah, de l'Evangile ou du Coran...qui puisse . s'accommoder des massacres commis en Europe au cours du XXème siècle au nom du totalitarisme et d'un monde sans dieu".

N. Sarkozy, président de la république
     
    
     Un monde tel que le Président en rêve pour ses administrés a existé et prospéré. C'est celui dont provient le monde actuel, quand l'Europe n'était pas encor "vieille". A la fin du XVème siècle, la Renaissance fleurit des grandes découvertes maritimes. La Civilisation découvre qu'elle n'était pas seule au monde. Ceux qui débarquent aux "Indes" répondent aux aspirations présidentielles :  partout où ils le débusquent, ils combattent le mal en tant que soldats, marchands ou explorateurs empreints de religiosité. La "dimension" divine inspire leur quête, affermit leur bras armé.
     
     C'était un temps où les massacres
furent commis au nom de dieu et de la juste croix.
     

DEVOIR DE MEMOIRE : 1517-1521 TENOCHTITLAN MEXIQUE
   
II
         
     Tenochtitlan-II.jpg

    
    
     Le 8 novembre 1519, Hernan Cortés, à la tête d'une armée de Conquistadors et de mercenaires indiens, pénètre dans Tenochtitlan, capitale des Aztèques. L'Empereur Moctezuma le reçoît dans le palais impérial. Les Espagnols sont traités à l'égal des divinités aztèques. Ils en profitent pour préparer la prise de la cité, forcent la porte de la chambre funéraire impériale et s'emparent des trésors qui y dormaient. Tout l'or qu'ils peuvent extirper est fondu en lingots. Atterré par l'outrage, Moctezuma jeûne et implore les dieux en leur offrant des sacrifices.


      
conquistadors-II.jpg

    
     Moctezuma, ce n'est pas Charles Quint, l'empereur le plus puissant qu'ait connu l'Europe jusqu'alors. Le souverain Aztèque est mi-homme mi-dieu, ceint de richesses fabuleuses et chef spirituel de son peuple, tyran d'essence divinatoire. Le regarder en face est puni de mort ; quand il mange, un paravent le dissimule.


Moctezuma-et-Cort-s.jpg
(Cortés et l'Empereur Moctezuma)
    


TCharles_Quint.jpg
(l'Empereur Charles Quint)
    
    
     Curieusement, ce dieu parmi les siens se laisser circonvenir par les envahisseurs venus de l'océan. Plus précisément il cherche à gagner du temps, avec la force du désespoir. Dans la légende aztèque, il est dit que la fin du monde viendra par la mer, sous la forme de "teules" - divinités. Les teules sont arrivés ; ils se comportent comme les nouveaux maîtres de Tenochtitlan, craints pour leur cruauté plus que respectés par leur comportement.
    
     Dans ce face à face tragique, qui sont les barbares, qui sont les civilisés ? La réponse la plus courte est donnée par les "Civilisés" espagnols : les peuples "indiens" comme les Aztèques pratiquent des rites sanglants - anthropophagie, sacrifices. Il s'agit de les civiliser par force. Les massacres auxquels se livrent les Conquistadors trouvent une 1ère justification "éthique". Et puis la nécessité de les christianiser, les arracher à leurs montrueuses idoles païennes mi-bêtes mi-hommes et à leurs temples impies. Les destructions et les pillages se feront pour la "juste croix".
    

human-sacrifice.jpg

     Le siège de Tenochtitlan dure 3 mois. Les Espagnols s'activent à transformer le palais impérial en forteresse et décident d'y enfermer l'Empereur comme otage. Car entretemps, des chefs d'armée Aztèques ont attaqué les Espagnols à Veracruz. Cortés les fait brûler vifs sous les yeux de Moctezuma. Seuls sont épargnés 7 rois Anahuac. A leur intention, il fait venir de Veracruz une longue chaîne qui maintenait plusieurs navires. La chaîne accomplit un périple de 500 kms à travers forêts, montagnes, champs, villages, symbole de la toute puissance des nouveaux venus. Revenu en Espagne et fait Marquis de la Vallée, Cortés frappera ses armoiries d'une chaîne au cou de 7 rois indiens.
    
     Otage dans le palais qui fut celui de son père, Moctezuma ne règne plus qu'en apparence. Les tributs en or qu'il exige du peuple sont destinés en fait à la couronne espagnole par l'intermédiaire de ses représentants qui, au passage, se servent comme de sûr, sans sortir du droit de préséance. A Cortés, le chef de guerre, un cinquième des parts - équivalent de l'aljama, le "cinquième royal". A 9000 kms de l'Espagne, il peut bien se permettre cette offense royale ; à ses hommes, 100 pesos par tête de pipe.
    
     or-azt-que.jpg(l'or Aztèque finira en lingots rapatriés vers l'Europe)

    
     Voici que le Chef Conquistador doit sortir de la ville pour aller combattre non pas quelque peuple rebelle mais Pànfilo de Narvàez, un rival espagnol. La garnison de Tenochtitlan est confiée à Pedro de Alvarado, principal lieutenant de Cortés.
     
     Il se prépare une grande fête dans l'enceinte du Temple impérial, la célébration du dieu Huitzilopotchli. Alvarado croit avoir entendu parler d'un soulèvement durant l'absence du grand chef Blanc. Vrai ou fausse nouvelle, cela constitue la justification suprême des prédateurs civilisés pour soumettre finalement les Sauvages. Alvarado donne le signal d'un massacre organisé de la population, déclenchant aussitôt l'insurrection dont on lui avait rapporté l'imminence.
    

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(Pedro de Alvarado, instigateur des 1ers massacres d'Aztèques)


     Le 24 juin 1520, Cortés revient prématurément à Tenochtitlan et reprend les rènes. Les Aztèques, frappés par l'emprisonnement de Moctezuma, ont élu nouvel Empereur son frère Cuitlàhuac. Cortés force Moctezuma à se porter aux remparts pour exhorter les insurgés à déposer les armes. Ulcérés par les massacres auxquels se sont livrés les occupants, les Aztèques refusent d'écouter et le lapident. Blessé grièvement, Moctezuma agonise durant quelques jours avant que Cortés ne fasse exhiber sa dépouille pour démoraliser les habitants. Dans la nuit du 30 juin au 1er juillet - la Noche Triste -, les Conquistadors sont contraints de sortir de la ville. La force du nombre a tué 600 d'entre eux ainsi que 2000 mercenaires indiens alliés aux conquérants. Dans leur fuite prématurée, les Espagnols abandonnent la plupart de leur artillerie et des chevaux, et surtout le fabuleux butin en or qu'ils ont commencé d'amasser. A coup sûr ils reviendront récupérer ce trésor de guerre.
    

mort-de-Moctezuma.jpg

   

NocheTriste.jpg







     (mort de Moctezuma)





            (la Noche Triste : les Conquistadors fuient Tenochtitlan)



     Les Aztèques poursuivent l'armée des Conquistadors hors de la cité. Ceux-ci s'épuisent rapidement, beaucoup moins nombreux que leurs poursuivants et ayant abandonné la plupart des armes sur place. Dans cette situation calamiteuse, Cortés réagit en appelant tous les peuples ennemis des Aztèques à se joindre à lui pour reconquérir Tenochtitlan. L'appel est entendu ; le chef de guerre a sauvé ses troupes.
    
     Un allié redoutable vient renforcer la coalition espagnole : la variole, amenée d'Europe par les conquérants. Un "fléau de dieu" auquel les Indiens donnent un nom : cocolitzli, "maladie infernale". En quelques heures, cocolitzli foudroie des milliers d'habitants de Tenochtitlan dont Cuitlàhuac, le nouvel Empereur, frère de Moctezuma. Les effets miraculeusement dévastateurs de cette maladie inspireront aux conquérants Espagnols l'idée de la guerre biologique : à maintes occasions, l'épidémie sera répandue dans la population indienne par des chiffons préalablement frottés sur des victimes de la maladie. 
     
     Ainsi la Civilisation éradiqua-t-elle les peuples du Nouveau Monde en quasi-totalité.

Thaloc-dieu-azt-que.jpg(un dieu Aztèque : Thaloc, qui amène la pluie)

(d'après Jean Marie Gustave LE CLEZIO : Le Rêve Mexicain, 1988)

[à suivre]
 
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commentaires

M
C'est toujours un régal de vous lire.  Vivement un nouvel article !
Répondre
S
      Le Sous-Lieutenant est votre humble et dévoué serviteur.