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1 février 2008 5 01 /02 /février /2008 16:21


    MARX L'AVAIT COMPRIS :
LE MARCHE EST UN ET INDIVISIBLE

     Les économistes bourgeois, sociologues et autres spécialistes de la société capitalistique, se bousculent dans les antichambres médiatiques pour venir, en ces temps de crise mondiale, porter la bonne parole au peuple.
     Avec piété, ils s'agenouillent au chevet du malade - l'économie de marché - et prescrivent un remède radical : combattre le mal par le mal. Pour guérir la croissance défaillante et le "moral" en berne des ménages, il faut...relancer la croissance !
     Dans Le Capital, Marx démontrait il y a 2 siècles que "les périodes d'activité ordinaire, de production à haute pression, de crise et de stagnation" s'enchaînent les unes aux autres, la suivante étant déterminée par la précédente. Sous la férule du Marché, la croissance vertigineuse des forces productives (salariés + moyens de production) entraîne invariablement "la dilapidation la plus effrénée du travail productif et des moyens de production...". Cette gabegie est provoquée notamment par la concurrence féroce et anarchique que se livrent les requins mercantilistes. Marx synthétise dans une formule devenue classique :
    
     "L'accumulation de richesse à un pôle est une égale accumulation de pauvreté, de souffrance, d'ignorance, d'abrutissement, de dégradation morale, d'esclavage, au pôle opposé".
    
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     Ces bons économistes sont prodigues de recettes préparant d'autant mieux la prochaine crise ; c'est qu'ils semblent ignorer que Sainte Croissance est à la fois cause et effet de ces crises. Ces dernières se résorbent en effet dans la destruction de richesses et de forces productives, permettant ainsi un redémarrage substantiel de la machinerie économique.
    
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     S'il y a bien quelque chose auquel ces ingrats de spécialistes bourgeois ne font jamais référence, c'est au fait que la crise dévoile les lois intangibles de l'économie capitaliste. Elle est le spasme organique et brutal révélant les contradictions inéluctables au système. En outre, comme dirait une andouille bio douée de parole, la crise est "équitable" : elle égalise dans l'insécurité les salariés et les classes moyennes. Le Vieux insiste sur ce point : la crise met en lumière "ce qui distingue l'époque bourgeoise de toutes les autres : le bouleversement constant de la production, l'ébranlement incessant de toutes les conditions sociales, l'insécurité et l'agitation perpétuelles".
          
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     La crise dit à celui qui entend, que ce mode de production est, à l'instar des précédents, historiquement condamné. Dans son immédiateté, elle opère une destruction des valeurs bourgeoises autrement plus subversive que tous les gentils reproches de la gauche humaniste bien-pensante. Marx : "Toute hiérarchie et toute permanence se volatilisent, tout ce qui est sâcré est profané et les hommes sont enfin contraints de considérer d'un oeil froid leur position dans la vie, leurs relations mutuelles".
    
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     La crise est anarchique et apparemment incohérente. "L'anarchie est la règle de la société bourgeoise..." constate le Vieux. Cette anarchie constitue "le fondement de l'état de chose public moderne, de même que cette vie publique est à son tour la caution de cette anarchie". La concurrence y trouve un terreau fertile pour s'épanouir. "Dès lors que la liberté de l'industrie et du commerce abolit l'exclusivisme privilégié..., toute la société bourgeoise n'est alors que cette guerre réciproque de tous les individus".
     Des pans entiers des classes moyennes, même des franges de la Bourgeoisie se retrouvent plongés dans une précarité originale pour eux, pas pour la classe salariée, un type de situation où "leurs conditions de vie propre, le travail et, de ce fait, toutes les conditions d'existence de la société actuelle, sont devenus pour eux quelque chose de contingent, sur quoi les prolétaires isolés ne possèdent aucun contrôle et sur quoi aucune organisation sociale ne peut leur donner le moindre contrôle".
     
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     Chaos et anarchie sociale caractérisent le mode de production capitaliste. Dans ce gigantesque maëlstrom, les réformistes de tous poils, de gauche, de droite, du centre ou d'ailleurs prétendent pouvoir séparer le bon grain de l'ivraie, le "bien" du "mal", etc. Pure rhétorique impuissante d'une petite bourgeoisie qui, face aux crises récurrentes du système, éprouve les états d'âme d'une classe condamnée par l'histoire. Pour échapper individuellement à une réalité des plus ingrates, gourous, yogis et autres épiciers existentialistes se bousculent au portillon du marché de la déprime.
    
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     Cependant, impossible d'échapper tout seul à la roue du Capital. C'est l'union consciente de tous les salariés et chômeurs, voulant en finir à tout prix avec cette société de privilèges, qui permettra de basculer dans une autre société.  
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