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24 janvier 2008 4 24 /01 /janvier /2008 17:07


LE FASCISME A PERDU LA GUERRE

IL REGNE DESORMAIS EN PAIX


undefined(Omar KHADR, né en 1986 à Toronto, arrêté en 2002 à Khost [Afghanistan] par l'armée états-unienne)

     Bien qu'il n'ait encor que 21 ans, l'histoire d'Omar Khadr est, sous bien des aspects, exemplaire de la mondialisation du fascisme démocratique qui sert de couverture à l'impérialisme mondial.

      En 1988, Ahmed Khadr, père d'Omar, émigre en famille à Peshawar (Pakistan) pour y gérer une entreprise musulmane de charité.
      A l'âge de 6 ans, Omar saute sur une mine. Il en réchappe et toute la famille se rapatrie au Canada durant 2 années.
     
     Une fois le gamin rétabli, retour à Peshawar. Tout comme à Toronto depuis son plus jeune âge, Omar y fréquente uniquement une école islamique. Quand il a 11 ans, sa famille s'installe à Jalalabad. Les Khadr séjournent notamment dans un camp de Ben Laden et les garçons font leur instruction militaire dans une base de ce que les USA ont baptisé "Al-Qaida".

      Khost, Afghanistan, le 27 juillet 2002 : une furieuse bataille oppose les forces de la coalition états-unienne à un groupe armé opposant. Ce dernier se retranche dans une bâtisse. La chasse yankee détruit le bâtiment, tous les membres du groupe armé sont tués. Tous sauf un, Omar Khadr. Les soldats de la coalition récupèrent un corps criblé de balles, déchiré par des éclats d'obus aux yeux et à la tête mais un corps palpitant ; il est alors transporté vers Bagram, dans un hôpital militaire de l'armée de l'air. Il a 15 ans.

      L'hôpital de Bagram est la 1ère prison d'Omar. Non seulement il y est soigné, mais avant même la cicatrisation de ses blessures on l'interroge façon "démocratie états-unienne" : les militaires préposés au renseignement lui enfilent un sac plastique sur la tête afin de lui procurer une sensation d'étouffement (au Vietnam c'étaient des torchons mouillés pour éprouver les affres de la noyade). A d'autres occasions, les troufions à bannière étoilée cousue sur l'uniforme brandissent des chiens d'attaque à 10cm de la face du "patient". Ces soins très spéciaux lui sont prodigués durant des mois.

      Octobre 2002 : peu après son anniversaire (16 ans), Omar Khadr est transféré sur la base de Guantanamo (Cuba). Il est placé non pas avec d'autres  détenus mineurs mais en compagnie d'adultes.
     Les interrogatoires reprennent. Pour le stresser et le déstabiliser, ses gardiens l'obligent à se tenir dans des positions alambiquées durant des heures ; il est privé de sommeil comme aux plus belles heures des "démocraties populaires" de l'Est (voir le film "L'Aveu"). Il arrive que, ses liens étant tellement serrés au corps, il se fasse dessus. Ses geoliers le battent comme plâtre régulièrement, l'étranglent jusqu'à l'asphyxie, tentent de le violer et d'autres "procédures". Au moindre signe extérieur de résistance, il est placé en isolement total.

     guantanamo.jpg(Cuba : le camp militaire d'internement U.S. de Guantanamo - parallèlement, l'administration états-unienne vilipende le régime "dictatorial" castriste)


     Changement de régime à partir de juillet 2004 : Omar passe dans un camp pour "détenus non coopérants", prisonniers dont les services secrets de l'armée estiment qu'ils présentent un grand intérêt du point de vue "renseignement". Dans ce lieu, les cellules sont éclairés 24 heures sur 24 par des néons éblouissants (le même traitement fut réservé dans les années 70 aux membres de la "Rote Arme Fraktion" engeôlés en Allemagne de l'Ouest - sous un gouvernement social-démocrate). Omar Khadr aura droit à ce régime particulier durant 3 nouvelles années.

     7 novembre 2005 : il passe devant une commission militaire (dont on examinera plus loin l'intéressant statut).
     2 février 2007 : J. Groharing, procureur, accuse Omar Khadr de meurtre, tentative de meurtre, conspiration, complicité d'actes terroristes et espionnage. Rien de moins rien de plus pour un jeune homme qui a 20 ans.
   
    Comme l'a constaté le vénérable Robert Badinter, ex-statue du Commandeur de la gauche mitterrandienne, Omar fut emprisonné dès l'âge de 15 ans. Il est donc un "enfant-soldat". Sans compter que son père l'a "formé" dès le 1er âge. Il est une victime, non un accusé légalement "coupable" de quoi que ce soit. Cependant, les "alliés" d'outre-Atlantique légifèrent différemment, plus "souplement", avec une faculté d'adaptation qui fait envie à toutes les dictatures planétaires.
        Car ceux-là comptent condamner l'enfant-soldat en tant qu'adulte, même s'ils le détiennent depuis 5 années.

      Selon des règles internationales que les principaux impérialismes ont signé tout en se gardant de les respecter, il n'est pas question de juger, encor moins de condamner une personne mineure au moment des faits incriminés. Bref, depuis 2002, les Etats-Unis détiennent et "interrogent" spécialement un enfant devenu un jeune homme. En outre, Omar Khadr a été emprisonné avec des adultes, puis mis à l'isolement - version moderne du "cachot". Il n'a reçu rien d'autre que des coups et des humiliations plus ou moins sophistiquées, pas d'éducation, aucun enseignement (quoiqu'il en ait appris pas mal sur la démocratie états-unienne).

   Qu'en est-il des "commissions militaires" instituées notamment sur le camp d'internement de Guantanamo ? Elles sont juridictions d'exception, c'est-à-dire montées spécialement à la suite d'évènements concernant les Etats-Unis. Leurs champs de compétence concerne les  "alien enemies unlawful combattants" (ennemis étrangers combattants illégaux), définition arbitraire suffisamment élastique pour laisser la bride sur le cou des procureurs militaires, "spéciaux" eux aussi.
        L'administration centrale peut intervenir à loisir dans ces commissions, occultant allègrement une indépendance supposée de la justice, fut-elle militaire. C'est le secrétaire d'Etat à la Défense en personne qui a défini leur règlement, présidé à la désignation du juge, des "conseils" de l'accusation...et de la défense. C'est le même secrétaire d'Etat qui indique quelles sont les preuves acceptables contre les accusés et qui impose les procédures concernant les informations classées "secret défense".

       Emprisonné depuis 2002, Omar Khadr n'a pu recevoir la 1ère visite d'un avocat qu'en fin d'année 2004.
     L'accusation a recours à des preuves par "ouï-dire", invention spécieuse qui renchérit le dossier à charges. Difficile pour la défense de contrer ces "ouï-dires", vu que l'accès aux informations "secret défense" lui est prohibé. En outre, son droit à produire des preuves ou des témoins est extrêmement restreint. L'accusation, elle, n'est nullement tenue de citer ses sources "secret-défense" ou "préjudiciables à la sécurité nationale" (et une formule "plastique", une).

       Last but not least, le procureur militaire est habilité à s'appuyer sur des aveux obtenus par la "contrainte", pour utiliser un euphémisme. Ce qui permet à la justice d'officialiser et de légitimer a posteriori des années d'interrogatoires "coercitifs" (un euphémisme, un).

       Telle est la terrible et instructive histoire d'Omar Khadr, enfant-soldat arrêté à 15 ans, interné dans un camp spécial, maltraité, humilié, torturé au nom de la "liberté" et de la "démocratie" et finalement accusé des plus lourdes charges, mais dont la principale reste non formulée officiellement : avoir résisté à l'impérialisme états-unien.

torture----Guantanamo.jpg(God bless America)
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