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10 janvier 2008 4 10 /01 /janvier /2008 09:55

      
THE EMPIRE IS STRIKING BACK

undefined(un "autre monde" implique un coup de balai révolutionnaire dans ce monde-ci)

       
Si on lit ou relit "L'impérialisme, stade suprême du capitalisme", qu'Illitch Oulianov rédigea en 1916, on constate à peu de choses près que rien de ce qu'analyse le leader bolchevik n'a changé. Tout au plus, les évolutions mises en lumière ont hypertrophié un mouvement qui date de leur apparition.
   
    Les chefs d'entreprise continuent d'obtenir l'abaissement du prix de leurs marchandises par l'abaissement des salaires, l'augmentation du temps de travail, la
sournoise répression quotidienne des salariés, l'élévation des cadences, le perfectionnement technique, ... Les "consommateurs" y trouvent à peu près leur compte et les capitalistes - en particulier les "djeuns" - peuvent ainsi s'insérer dans le marché mondial.
     L'accumulation du capital augmente la productivité et abaisse les coûts salariaux, aussi bien par une baisse relative des salaires que par "dégraissage" et délocalisation. La nature même du mode de production capitaliste exige d'augmenter sans cesse le taux de plus-value.
     Les vainqueurs sporadiques de cette impitoyable concurrence que se livrent les requins du Marché sont invariablement ceux qui obtiennent de leurs esclaves salariés le plus de sueur et de sang, le plus d'énergie physique et mentale, le plus de déshumanisation, le plus de destruction de la vie familiale et sociale. 
        Sur le ring planétaire de la concurrence, l'arbitre annonce aux adversaires :
 
"que le pire l'emporte !"

     Dans le Vème chapitre de "L'impérialisme...", la mondialisation - que Lenine appelle simplement "marché mondial" - est présentée comme la tendance inéluctable de l'économie de marché, tendance liée au besoin vital de l'accumulation capitaliste de s'élargir sans limite.


V. LE PARTAGE DU MONDE ENTRE LES GROUPEMENTS CAPITALISTES


     "Les groupements de monopoles capitalistes - cartels, syndicats, trusts - se partagent tout d'abord le marché intérieur en s'assurant la possession, plus ou moins absolue, de toute la production de leur pays. Mais, en régime capitaliste, le marché intérieur est nécessairement lié au marché extérieur. Il y a longtemps que le capitalisme a créé le marché mondial. Et, au fur et à mesure que croissait l'exportation des capitaux et que s'étendaient, sous toutes les formes, les relations avec l'étranger et les colonies, ainsi que les "zones d'influence" des plus grands groupements monopolistes, les choses allaient "naturellement" vers une entente universelle de ces derniers, vers la formation de cartels internationaux.

     Ce nouveau degré de concentration du capital et de la production à l'échelle du monde entier est infiniment plus élevé que les précédents."

     "L'industrie du pétrole fournit un exemple édifiant d'une tentative de repartage de ce genre, de lutte pour ce nouveau partage."

     "...les monopoles privés et les monopoles d'Etat s'interpénètrent à l'époque du Capital financier, les uns et les autres n'étant que des chaînons de la lutte impérialiste entre les plus grands monopoles pour le partage du monde."

     "Certains auteurs bourgeois ... ont exprimé l'opinion que les cartels internationaux, une des expressions les plus accusées de l'internationalisation du capital, permettaient d'espérer que la paix régnerait entre les peuples en régime capitaliste. Du point de vue de la théorie, cette opinion est tout à fait absurde ; et du point de vue pratique, c'est un sophisme et un mode de défense malhonnête du pire opportunisme. Les cartels internationaux montrent à quel point se sont développés aujourd'hui les monopoles capitalistes, et quel est l'objet de la lutte entre les groupements capitalistes. Ce dernier point est essentiel ; lui seul nous révèle le sens historique et économique des événements, car les formes de la lutte peuvent changer et changent constamment pour des raisons diverses, relativement temporaires et particulières, alors que l'essence de la lutte, son contenu de classe, ne saurait vraiment changer tant que les classes existent. On comprend qu'il soit de l'intérêt de la bourgeoisie ... de camoufler le contenu de la lutte économique actuelle (le partage du monde) et de souligner tantôt une, tantôt une autre forme de cette lutte. ... Et il ... s'agit évidemment ... de la bourgeoisie universelle. Si les capitalistes se partagent le monde, ce n'est pas en raison de leur scélératesse particulière, mais parce que le degré de concentration déjà atteint les oblige à s'engager dans cette voie afin de réaliser des bénéfices ; et ils le partagent "proportionnellement aux capitaux", "selon les forces de chacun", car il ne saurait y avoir d'autre mode de partage en régime de production marchande et de capitalisme. Or, les forces changent avec le développement économique et politique ; pour l'intelligence des événements, il faut savoir quels problèmes sont résolus par le changement du rapport des forces ; quant à savoir si ces changements sont "purement" économiques ou extra-économiques (par exemple, militaires), c'est là une question secondaire qui ne peut modifier en rien le point de vue fondamental sur l'époque moderne du capitalisme. Substituer à la question du contenu des luttes et des transactions entre les groupements capitalistes la question de la forme de ces luttes et de ces transactions (aujourd'hui pacifique, demain non pacifique, après-demain de nouveau pacifique), c'est s'abaisser au rôle de sophiste.

     L'époque du capitalisme moderne nous montre qu'il s'établit entre les groupements capitalistes certains rapports basés sur le partage économique du monde et que, parallèlement et conséquemment, il s'établit entre les groupements politiques, entre les Etats, des rapports basés sur le partage territorial du monde, sur la lutte pour les colonies, la "lutte pour les territoires économiques ".

(à suivre)

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Published by Sous-lieutenant Piotr Marat KARPOV - dans Politik
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