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17 décembre 2007 1 17 /12 /décembre /2007 10:27



 DOES THE EMPIRE STRIKES BACK FOREVER ?

Lenine-balaie-copie-1.jpg(D'abord, il y a les armes de la critique, avant que ne surgisse le temps de la critique des armes)

 
        Comme des masses de salariés peuvent le constater au quotidien sur leur lieu de travail, l'ingéniosité patronale pour leur presser le citron jusqu'à la dernière goutte ne connaît aucune limite, sinon celles de la santé de l'employé.
     Aucun chef d'entreprise d'aucune nationalité ne possède l'exclusivité de l'exploitation optimum des travailleurs. Par conséquent, aucun n'en tire d'avantage qui soit durable. Tous les concurrents qui survivent à la concurrence passent en même temps à un stade supérieur de l'extraction de plue-value.
         
         Quand le prix de la force de travail - les salaires - s'égalise entre requins, le procédé suivant consiste à investir, moderniser, etc. afin d'augmenter la productivité du travail et de réduire le coût salarial : ces "re-structurations" s'accompagnent invariablement d'un "dégraissage" en règle. De nombreux salariés en font les frais, rejoignant la cohorte de ce que Marx nommait "l'armée industrielle de réserve". Les licenciements permettent aux capitalistes de réduire le prix de revient d'une marchandise donnée. Si on vend moins cher que le concurrent, tout en faisant plus de bénéfs', on lui pique ces précieuses "parts de marché" pour lesquelles un patron mettrait sa propre mère aux enchères.
     
          Lorsque la modernisation s'étend à toute une branche de la production, alors c'est la valeur de la force de travail qui s'abaisse en conséquence. Marx l'affirme haut et fort : l'accumulation de capital - ce que les benêts appellent la "croissance" - permet à la classe capitaliste d'augmenter la productivité et d'obtenir un "sur-profit de productivité". D'où cette quête lancinante de la "modernisation" et de la "compétitivité".

        
         Dans le chapitre IV de "L'impérialisme...", Lénine aborde le mouvement des capitaux, qui ne s'embarrasse pas de frontières mais s'effectue avec une intensité inégale suivant les aires économiques, provoquant le développement chaotique qui caractérise le mode de production capitaliste :

IV. L'EXPORTATION DES CAPITAUX

     "Ce qui caractérisait l'ancien capitalisme, où régnait la libre concurrence, c'était l'exportation des marchandises. Ce qui caractérise le capitalisme actuel, où règnent les monopoles, c'est l'exportation des capitaux.

     Le capitalisme, c'est la production marchande, à son plus haut degré de développement, où la force de travail elle-même devient marchandise. L'extension des échanges tant nationaux qu'internationaux, surtout, est un trait distinctif caractéristique du capitalisme. Le développement inégal et par bonds des différentes entreprises, des différentes industries et des différents pays, est inévitable en régime capitaliste. Devenue capitaliste la première, et adoptant le libre-échange vers le milieu du XIXème siècle, l'Angleterre prétendit au rôle d'"atelier du monde entier", de fournisseur en articles manufacturés de tous les pays, qui devaient, en échange, la ravitailler en matières premières. Mais ce monopole, l'Angleterre commença à le perdre dès le dernier quart de ce siècle. D'autres pays, qui s'étaient défendus par des tarifs douaniers "protecteurs", devinrent à leur tour des Etats capitalistes indépendants. Au seuil du XXème siècle, on vit se constituer un autre genre de monopoles : tout d'abord, des associations monopolistes capitalistes dans tous les pays à capitalisme évolué ; ensuite, la situation de monopole de quelques pays très riches, dans lesquels l'accumulation des capitaux atteignait d'immenses proportions. Il se constitua un énorme "excédent de capitaux" dans les pays avancés.

     Certes, si le capitalisme pouvait développer l'agriculture qui, aujourd'hui, retarde partout terriblement sur l'industrie, s'il pouvait élever le niveau de vie des masses populaires qui, en dépit d'un progrès technique vertigineux, demeurent partout grevées par la sous-alimentation et l'indigence, il ne saurait être question d'un excédent de capitaux. Les critiques petits-bourgeois du capitalisme servent à tout propos cet "argument". Mais alors le capitalisme ne serait pas le capitalisme, car l'inégalité de son développement et la sous-alimentation des masses sont les conditions et les prémisses fondamentales, inévitables, de ce mode de production. Tant que le capitalisme reste le capitalisme, l'excédent de capitaux est consacré, non pas à élever le niveau de vie des masses dans un pays donné, car il en résulterait une diminution des profits pour les capitalistes, mais à augmenter ces profits par l'exportation de capitaux à l'étranger, dans les pays sous-développés. Les profits y sont habituellement élevés, car les capitaux y sont peu nombreux, le prix de la terre relativement bas, les salaires de même, les matières premières à bon marché. Les possibilités d'exportation de capitaux proviennent de ce qu'un certain nombre de pays attardés sont d'ores et déjà entraînés dans l'engrenage du capitalisme mondial, que de grandes lignes de chemins de fer y ont été construites ou sont en voie de construction, que les conditions élémentaires du développement industriel s'y trouvent réunies, etc. La nécessité de l'exportation des capitaux est due à la "maturité excessive" du capitalisme dans certains pays, où (l'agriculture étant arriérée et les masses misérables) les placements "avantageux" font défaut au capital".

     "...l'exportation des capitaux n'atteignit un développement prodigieux qu'au début du XXème siècle. Avant la guerre, les capitaux investis à l'étranger par les trois principaux pays étaient de 175 à 200 milliards de francs. Au taux modeste de 5%, ils devaient rapporter 8 à 10 milliards de francs par an. Base solide pour l'oppression et l'exploitation impérialiste de la plupart des pays et des peuples du monde, pour le parasitisme capitaliste d'une poignée d'Etats opulents !"

     "Les exportations de capitaux influent, en l'accélérant puissamment, sur le développement du capitalisme dans les pays vers lesquels elles sont dirigées. Si donc ces exportations sont susceptibles, jusqu'à un certain point, d'amener un ralentissement dans l'évolution des pays exportateurs, ce ne peut être qu'en développant en profondeur et en étendue le capitalisme dans le monde entier.

         Les pays exportateurs de capitaux ont presque toujours la possibilité d'obtenir certains "avantages", dont la nature fait la lumière sur l'originalité de l'époque du capital financier et des monopoles
".

         "Le capital financier a engendré les monopoles. Or, les monopoles introduisent partout leurs méthodes : l'utilisation des "relations" pour des transactions avantageuses se substitue, sur le marché public, à la concurrence. Rien de plus ordinaire que d'exiger, avant d'accorder un emprunt, qu'il soit affecté en partie à des achats de produits dans le pays prêteur, surtout à des commandes d'armements, de bateaux, etc. (...) L'exportation des capitaux devient ainsi un moyen d'encourager l'exportation des marchandises. Les transactions entre des entreprises particulièrement importantes revêtent, dans ces circonstances, un caractère tel qu[']..."elles confinent à la corruption"".

         "Le capital financier jette ... ses filets au sens littéral du mot, pourrait-on dire, sur tous les pays du monde. Les banques ... jouent en l'occurrence un rôle important".
        "Les pays exportateurs de capitaux se sont, au sens figuré du mot, partagé le monde. Mais le capital financier a conduit aussi au partage du globe
".
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