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21 novembre 2007 3 21 /11 /novembre /2007 10:24

 

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     Malgré les "sondages d'opinion" concoctés par les médias, malgré les reportages quotidiens sur les souffrances terribles des "usagers" (qui, d'habitude, semblent ne pas subir le métro-boulot-dodo quotidien), malgré les ronds-de-jambe gênés des bonzes syndicaux et la désapprobation muette de la gauche-caviar, la grève perdure. Les salariés en lutte ne semblent pas décidés à lâcher l'affaire facilement.

      L'acharnement anti-grévistes en dit plus que les simples anathèmes ("feignants, privilégiés, corporatistes", etc.) récurrents ou les analyses méprisantes ("une fois encore, une minorité agissante manipule en sous-main les salariés") élaborées hâtivement par des conseillers en comm' pris de court (comme à chaque fois que se lèvent les travailleurs)
.
         Ce que révèle le mouvement social au fur et à mesure qu'il perdure et accroît l'hystérie bourgeoise contre lui, c'est l'horreur de la classe dirigeante et de ses affidés face à l'affirmation de classe des revendications, de l'action et du discours des grévistes.
         Le spectre qui hante capitalistes et démocrates petits-bourgeois de droite ou de gauche n'en finit pas de ressurgir de dessous du lit : nous vivons dans une société de classes inégalitaires, dont l'une - la minorité - veut toujours tirer plus de l'autre - l'immense majorité. Ce retour en force d'une réalité plus ou moins masquée durant la période des "30 Glorieuses", explose à la face des opportunistes de tout bord, de ceux qui prônent "l'harmonie sociale", le "dialogue", la "négociation" et autres habillages sirupeux de l'exploitation forcenée du travail à ceux qui, jouant franc-jeu, revendiquent haut et fort le débourrage des nouvelles générations de prolétaires.

        Chaque jour de grève supplémentaire est un démenti cinglant des thèses "humanistes" sur la coopération sociale et la "vie ensemble". Si effectivement "on est tous sur le même bateau", "on" y tient pas tous la même place. Sur le Titanic, l'aristocratie valse tout en haut sous les lustres ; en fond de cale, les machinistes suent dans la pénombre ; qu'advienne l'iceberg de la crise économique, ils sont les 1ers noyés.

      Rien n'y fait, ni les appels à la "démocratie" (qu'on n'entend jamais quand un chef d'entreprise "dégraisse") et à la "liberté du travail" (= droit d'esclavage salarié), ni les mauvais points économiques (les grévistes sont responsables du "retard" économique du pays !).
       
Afin de briser cette grève-là, il va falloir une fois encor que les syndicats-croupions et l'Etat serrent les rangs et se démènent tant et plus. Peut-être y parviendront-ils sur le coup. Mais il y aura d'autres vagues sociales, encore et encore, de plus en plus larges, gardant la mémoire des précédentes et se laissant de moins en moins embringuer par les appels à la "raison" et les dénonciations des "minorités" agissantes. 
        Cette toute-puissance accordée
inconsciemment à la classe salariée par les dirigeants finira bien par la réveiller. Et ce jour-là, ils n'auront pas fini de trembler, tous nos dynamiques chefs d'entreprise et autres politicards féroces déguisés en sacristains de "l'intérêt général" !

 
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