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12 novembre 2007 1 12 /11 /novembre /2007 15:01
1914-18 : CE QU'ILS NE COMMEMORERONT
JAMAIS


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La guerre de 1914-18 stoppa net ce que bourgeois et petits-bourgeois osent encor appeler aujourd'hui "la Belle Epoque". En réalité, ce massacre mondialisé (déjà) marquait une étape fondamentale du mode de production capitaliste, celle de sa domination réelle, que Lénine nomma "L'impérialisme..." dans une célèbre brochure parue au printemps 1916, alors que le leader communiste vivait exilé à Zürich.

        Cette suprême manifestation de la brutalité du capitalisme trouva d'ailleurs en Russie sa résolution en la Révolution de 1917, qui allait adresser au monde bourgeois un
1er et formidable avertissement.

        1914-18 et ses dizaines de millions de morts, mutilés, gazés, estropiés démontrait par l'horreur qu'à une certaine exaspération de la crise économique et sociale, le capitalisme ne pouvait répondre
que par une guerre totalitaire, et ce afin de trancher le noeud gordien de ses contradictions les plus mortelles
           
         Dès 1848, le Manifeste du Parti Communiste de Marx/Engels indiquait que la solution bourgeoise à la crise à son point culminant agissait "d'une part en détruisant par la violence une masse de forces productives [c'est-à-dire notamment des prolétaires], d'autre part en conquérant de nouveaux marchés et en exploitant à fond les anciens".

         Ainsi, grâce à l'extermination et aux destructions industrielles occasionnées en Europe par la 1ère guerre mondiale, l'économie put repartir sur de bonnes bases, des taux de croissance exponentiels jusqu'à...la crise de 1929, "résolue" à son tour par 1939-45. Vous qui vous penchez un peu sur "la grande Histoire", avez-vous noté que, depuis l'armistice de 1945, il n'y a pas eu un seul jour de paix ? Simplement, les plus gros Empires maintiennent les conflits dans des aires localisées tant qu'ils ont la possibilité de le faire.

         Ministres et autres présidents "pacifiques" en habits de croque-mort peuvent évoquer à loisir devant "la jeunesse" les horreurs de 14-18, avec force trémolos dans le gosier et larmettes à l'oeil, leur cinéma n'en est que plus vomitif. Ils ont beau jeu d'associer le drapeau national à la volonté de maintenir la paix - du moins chez eux - et de tenter un formatage des jeunes à une espèce de pacifisme oecuméniste sans consistance "contre toutes les guerres" pendant que, dans le même temps, leurs VRP fourguent des montagnes d'armes tous azimuts (dans le cadre de la "diplomatie internationale" !).

            Le capitalisme, lui, n'en a cure. Son fonctionnement normal, c'est d'éradiquer du paysage tout ce qui constitue une entrave à l'échange mercantile. Notamment l'être humain qui, sous l'apparence du salarié, constitue "le capital le plus précieux" selon non pas un Rothschild ou un Rockfeller (ou un Bolloré, un Lagardère, un Arnault...) mais un...Staline ! Le fonctionnement normal de l'économie du profit, c'est la guerre en permanence, guerre concurrentielle, commerciale, financière... Depuis les "30 Glorieuses" de la paix capitaliste, le jargon militaire est passé dans le langage courant de la finance et du commerce. Le quotidien du capitaliste, c'est d'agresser son concurrent par tous les moyens jusqu'à le couler. Dans ce combat fratricide, le facteur humain passe par pertes et profits. On dégraisse en temps de paix comme on dégraissait en temps de guerre (on vous laisse  "en vie" ? peut-être faut-il que le salarié "dégraissé" dise "merci" à son humaniste d'employeur).

         Lors de la commémoration du 11 novembre 1918, les habituels historiens bourgeois à qui leurs maîtres ont ôté la muselière pour l'occasion, sont venus expliquer aux petits enfants les raisons des guerres. Naturellement ces spécialistes partent de la guerre en soi, sorte de manifestation de la "méchanceté" des hommes, du "Mal qui est en chacun de nous" et ragnagna ; ils se gardent bien d'évoquer les années qui ont précédé, de lente maturation d'une crise économique qui provoque déjà destructions et victimes. Il leur suffit de se munir d'un pays "agresseur" et d'un "agressé". C'est comme au théâtre de Guignol. Il faut que l'enfant voit bien qui tient le rôle du "gentil" et qui celui du "méchant". En aucun cas ne sont considérés comme actes d'agression l'envoi de marchandises, d'aide "humanitaire", de "conseillers financiers" mandatés par le FMI ou la Banque Mondiale. Jamais notre historien diplômé n'ira évoquer les famines artificielles provoquées par l'impérialisme dans certaines zones que l'on "aide" ainsi à booster leur économie. "Un capitaliste fait beaucoup de morts" remarquait Marx. La suppression d'un prêt financier en guise de punition économique ou la fluctuation du cours d'une céréale vitale a les mêmes effets que l'exportation d'armes et de militaires. Questions à un conteur d'Etat : lorsqu'éclate un conflit, pourquoi est-ce l'impérialisme le moins fort qui ouvre systématiquement les hostilités (naturellement en prétextant lui-même le besoin vital de "se défendre") ? Existe-t-il des Etats "agressés" qui n'aient jamais été agresseurs ? S'est-il produit des guerres capitalistes luttant prétendument pour autre chose que "la paix"?

           Ce que ne diront pas les "consciencieux" historiens-fonctionnaires, c'est que la paix bourgeoise est par essence une paix entre 2 conflits. Toute paix prépare inexorablement une guerre future. Chaque impérialisme peut bien invoquer jusqu'à la transe paix, morale, justice, civilisation et autres étiquettages moraux bien-pensants (ou "politiquement corrects" si l'on est de gôche).
   
           La guerre moderne a des causes matérielles et non morales (style "lutte contre l'Axe du Mal"). Depuis près de 30 ans, la crise fait accumuler aux impérialismes des gigantesques masses de capitaux, notamment d'armes de toutes sortes. Cette accumulation ne se résorbera pas par l'opération du Saint-Esprit ou de la morale humaniste. En tant que marchandise, une arme quelle qu'elle soit se réalise par sa vente donc par son utilisation.

              Il n'existe qu'un "fauteur de guerres" : le mode de production capitaliste. Et ce n'est pas le pacifisme petit-bourgeois qui empêchera quoi que ce soit le moment fatidique venu. Pour arrêter la 3ème guerre mondiale en préparation, pour stopper les incessantes et grotesques commémorations de boucheries, seule la classe salariée peut agir efficacement, c'est-à-dire lutter pour la société sans classes, sans échange mercantile, sans Etats, où la guerre comme nécessité aura disparu.

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Published by Sous-lieutenant Piotr Marat KARPOV - dans Politik
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commentaires

Lux Interior 12/11/2007 23:32

Aloha,comment est-il possible que le jour même de la fin d'une guerre comme 39-45, des milliers d'algériens soient morts, tués par "ceux" qui fêtaient leur libération? Comme tu dis, pas un jour de paix, pas un jour sans le sang qui coule pour rien; le tueur fait juste son "travail" puisque c'est surtout ça qui paye.

Sous-lieutenant Piotr Marat KARPOV 13/11/2007 09:04

       Les commémorations bourgeoises sont effectivement sélectives, étant donné une de leurs fonctions : la fonction idéologique, à l'usage des "jeunes générations". Notamment en ce qui concerne l'exemple que tu cites : le 8 mai 1945, jour de l'armistice et des massacres coloniaux du Constantinois (voir blog "liste complète" p. 3, article "8 mai").                                                           Force et Honneur