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5 novembre 2007 1 05 /11 /novembre /2007 16:37

SYNDICATS CONTRE SYNDIQUES ET NON-SYNDIQUES



CE QU'ILS ONT FAIT DE LA GREVE, ARME DE CLASSE


Thibault-et-Parisot.jpg
(Laurence Parisot [Medef] et Bernard Thibault [CGT])


     Au commencement des luttes était la grève, arme instinctive, basique et première des salariés : arrêter le travail, bloquer les usines pour empêcher les "jaunes" à la solde des patrons de briser le mouvement.
      C'est que la grève n'est que la 1ère marche de la lutte des classes. Les prolétaires pas encor au fait de la "politique contractuelle" et "de négociation" (y'avait pas la télé) la déclenchait sans tambours ni trompettes, au débotté : pas de préavis,  pas de limite de durée, reconductible en permanence. Elle n'était pas circonscrite par "l'intérêt public", ou celui de la "nation" ou dieu sait foutre quoi d'incomptatible avec toute action réelle et efficace.
      Il n'existait pas encor de ces "journées d'action" carnavalesques qui font virgule entre 2 verbiages de "négociateurs" en tous genres (tous du même bord en fait).

     Aujourd'hui les dés sont pipés en permanence. Les syndicats officiels s'empressent d'empêcher ou d'arrêter toute grève avant de s'asseoir à la table des négociations. Ils s'arrangent pour diluer
savamment les exigences des salariés dans un salmigondis diplomatico-opportuniste à faire vomir même un jésuite.
     C'est quand il apparaît que le rapport de force est nettement en faveur des salariés (comme lors de la grève récente des cheminots) que les petits chefs syndicalistes sont les plus empressés à alerter 50 fois par jour la classe dirigeante, qu'elle accepte "à tout prix" de négocier, en la menaçant d'un hypothétique jour (!) de grève un mois plus tard (!!). Dans ce ballet des faux-culs, pas besoin de faire un dessin pour voir qui sera perdant quoi qu'il advienne.
      Un jeune salarié combattif, on fera ce qu'il faut pour le démoraliser : au nom de la "liberté du travail" (autre appellation contrôlée pour la liberté d'exploitation capitaliste), toute action est privée d'efficacité réelle. Ce qui compte c'est "l'opinion publique", cette gélatine dont les médias engluent leurs discours jaunâtres. Dans les officines syndicales, on forme désormais le militant de base à aller distribuer - en dehors des heures de travail "libre" - des tracts sur les marchés, pour tenter d'émouvoir "l'usager", le convaincre qu'on est un gentil exploité inoffensif, n'envisageant une demi-journée d'arrêt de travail qu'avec le plus profond désespoir, celui de prendre les usagers "en otage"!

          Voilà ce que l'opportunisme des syndicats financés par la pompe à fric patronale a fait de la grève, moyen d'action des salariés, une parmi les armes que, tôt ou tard, ils devront se réapproprier vertement pour pouvoir défendre et leurs intérêts immédiats et...leur but final.

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