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2 novembre 2007 5 02 /11 /novembre /2007 18:23
BRISE-GREVES


     En cette période d'"agitation sociale", comme disent les journaleux, le Sous-Lieutenant Karpov demande : les centrales syndicales, elles sont là pour défendre quoi au fait ?
    
Mailly-et-Thibaut---Ch--r--que.jpg(Chérèque (CFDT), Mailly (FO) et Thibault (CGT) sortent de chez un ministre)


     Jusqu'à nouvel ordre, cette société - le capitalisme - prospère sur l'exploitation de la force de travail des salariés. Dans cette forme étendue et généralisée d'esclavage, rien ne peut être définitif, ni conditions de travail, ni salaires, encor moins les "acquis sociaux".
    
     Lorsqu'on voit tel ou tel petit chef syndical en appeler à l'État et à son "arbitrage" dans les conflits, on mesure une tragique descente aux Enfers idéologique depuis les "30 Glorieuses". Pleurnicher après les pouvoirs publics équivaut à reconnaître la validité du discours et surtout de la pratique patronales. Aux salariés d'assumer tous les coûts sociaux, la santé, les retraites, etc. Simplement demander poliment aux chefs d'entreprise de ne pas trop ponctionner.
     Et prier l'État bourgeois de protéger les salariés face à ces mêmes chefs d'entreprise, c'est masquer également qu'il est la puissance organisée du Capital, maintenant sa domination quelle que soit l'étiquette politique des gouvernements (qui d'ailleurs se suivent en se ressemblant éhontément). En clair, si le Medef tient un discours de classe sans concession, ferme et conquérant, les principaux syndicats subventionnés, eux, répondent par des suppliques démocratiques, des atermoiements et des postures de chien battu.
     
     A quelles conditions, le capitalisme peut-il payer la force de travail à sa valeur ?
     Essentiellement :
    
     1) dans une conjoncture économique et politique favorable ;
     2) sous condition d'une lutte unitaire des travailleurs.
   Il n'y a pas besoin d'être politologue à la télé pour relever que ce ne sont guère les conditions actuelles.
   Le capitalisme français, en quête d'une nouvelle compétitivité face à la concurrence mondiale, se voit opposer par les pseudo-syndicats des grèves catégorielles, sporadiques, "tournantes", disséminées, qui trahissent l'attachement au maintien de l'ordre et la méfiance face aux revendications unitaires des salariés, car les velléités récurrentes de ceux-ci menacent de déborder le ronron des bureaucrates de la CGT ou de FO.
     Les régimes spéciaux de retraite ne seront jamais le but final des luttes ouvrières, quand elles seront engagées. Tant que subsiste la loi de la valeur, il y a d'un côté les petits chefs, cadres formatés qui rêvent de devenir califes à la place du calife et qui ont une peur bleue de se retrouver de l'autre côté, le côté des individus isolés, atomisés, pressurés par le stress quotidien.
    
     Pour une fois, plaçons-nous du point de vue de l'ensemble de la classe salariée, au lieu d'une catégorie plus ou moins "privilégiée". La pérennité des régimes spéciaux de retraite, que les travailleurs concernés l'obtiennent ou pas, ne supprime nullement la condition prolétarienne : précarité étendue à toutes les catégories, incertitude générale quant à l'avenir immédiat, subordination aux intérêts capitalistes sous couvert de "rationalisation".
     A leur connivence entre eux et avec l'Etat (qui les sponsorise ouvertement), il apparaît clairement que les syndicats officiels ignorent sciemment le but de la classe ouvrière, soit la destruction complète de l'organisation économique qui fait de la force de travail une marchandise. Ils sont syndicats de conservation sociale et de"négociation", organisations patentées de  collaboration de classes.
     Quand, en régime capitaliste, on ose parler d'"acquis sociaux", on accomplit œuvre d'obscurcissement politique et de division des ouvriers, ce qui ne peut que favoriser les défenseurs du régime capitaliste, en particulier ceux déguisés en colombes blanches de l'humanisme et de la "paix sociale".
     
     La lutte pour le socialisme est une lutte politique. Les "apolitiques" de tous poils et leurs comparses de la CGT, de FO ou de la CFDT, en prétendant exclure la politique du syndicat, rendent le plus grand service aux dirigeants.
     A leur échelle, ils apportent leur infâme petite pierre à l'enlisement des mouvements spontanés et immédiats, dans l'ornière de la société fictive mise en scène par les médias, avec leur défense de "l'usager" ; l'usager ! figure symbolique du "jaune", fabriquée de toutes pièces dans les laboratoires de l'idéologie bourgeoise et qui, à lui seul, vient prétendre avec morgue remettre en cause le juste combat des exploités.
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