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22 octobre 2007 1 22 /10 /octobre /2007 11:05
SECONDE DERNIERE LETTRE DE GUY MOQUET



     "Françaises, français, jeunes écoliers, collégiens et lycéens de France,

     Je suis mort il y a près de 65 ans !

     Ce que je demande, en particulier aux dirigeants de la patrie, c'est de me lâcher le tibia. Je suis et je veux être oublié autant que ceux qui y sont passés avant moi, ou alors pour servir à autre chose qu'à faire mousser ce curieux petit bonhomme qu'une majorité de votants a placé à la tête du pays. Certes, j'aurais voulu vivre et même, j'aurais voulu vivre dans une société COMMUNISTE. Mais ce que je souhaite de tout mon cœur, c'est que ma mort serve à quelque chose. Je n'ai pas le temps ni l'envie de supporter les arguties du gouvernement actuel et hélas je ne peux revenir pour botter l'arrière-train des fâcheux qui osent invoquer mon destin !

     Alors, jeunes de ce pays, puisqu'on m'a réveillé et qu'on m'a sorti des limbes où je reposais dans une paix relative, j'ai un nouveau message pour vous et ceci est le message:

     j'espère que vous n'écouterez pas les ignominies que l'on cherche à vous enfoncer dans le crâne à toute force. Faîtes comme moi : RESISTEZ ! Lorsque je fus emprisonné, je n'étais pas sur la liste des personnes à fusiller. Qui croyez-vous, dont la main traîtresse écrivit mon nom sur la liste fatidique, est directement responsable de mon funeste sort ? Un ministre français, bien de chez nous (et non pas un officier allemand). Celui-là avait un faciès et un discours ressemblant à s'y méprendre à ceux que j'ai vus et ouis sur votre "télévision" - redoutable arme de propagande - et dont on vous abreuve aujourd'hui.
     Je ne doute pas que si les membres du gouvernement 2007 avait vécu pendant l'occupation allemande, les 3/4 d'entre eux aurait participé activement au gouvernement d'alors. Cela n'a rien de choquant si l'on songe que vous avez quand même eu  un président "de gauche" qui avait été décoré par le maréchal Pétain.

     Voilà la seule chose qu'il me tient à coeur que vous sachiez, écoliers écolières. Rien n'a vraiment changé depuis que l'on a écourté ma vie. Ou plutôt si. Les mensonges des dirigeants sont beaucoup plus efficaces que lorsque j'étais encor vivant. J'ai constaté que certains salariés - les cheminots pour ne pas les citer - étaient traités de "privilégiés" à cause de soi-disant "régimes spéciaux de retraites".
     Jeunes de France ! Intéressez-vous donc aux régimes très spéciaux de retraites des officiers, des ministres, conseillers généraux, conseillers régionaux, "élus" de toutes espèces, députés, sénateurs... Que voilà des métiers dont la "pénibilité" justifie peu les émoluments !

     En m'utilisant pour vous brouiller la vue, ce gouvernement et son étrange petit président en caoutchouc me fusillent encor ! J'en ai les dents restantes qui s'entrechoquent. C'est comme ce sport que j'ai découvert malgré moi, le rugby. Ainsi donc, votre président a subjugué l'entraîneur de l'équipe de France - un drôlatique de plus, celui-là, avec sa tête en ballon ovale et les binocles posés dessus - afin qu'il fasse lire mon ultime lettre aux joueurs avant un match décisif. Avec le résultat que l'on sait. Il aurait fallu que je puisse surgir de l'au-delà, dire à ces pauvres "rugbymans" d'envoyer leur entraîneur se faire voir chez les Grecs (ou les Albanais). Moi-même, si j'avais été membre de l'équipe, j'aurais refusé d'entendre ma propre lettre ! Enfin, j'aurais au moins découvert un beau sport collectif, mais, une fois n'est pas coûtume, bien mal servi par ses dirigeants (de même que mon cher pays).  

      Je vous salue une dernière fois, jeunes gens de France ! Sachez que j'ai fait de mon mieux pour suivre la voie tracée par mes prédécesseurs : les révolutionnaires de tous pays.
Un dernier adieu à vous tous, à mes camarades de coeur et d'esprit. Etudiez bien, n'écoutez pas vos professeurs, du moins ceux qui se couchent devant l'idéologie dominante: leurs ancêtres m'ont fait fusiller à 17 ans. Devenez plus tard des hommes et des femmes conscients. Je saurais ainsi que ma fin et mon exhumation tardive n'auront pas été vains.

     17 ans et demi, ma vie a été courte, je n'ai aucun regret, si ce n'est de vous quitter tous une seconde fois mais pas plus que la 1ère, cette séparation n'est de mon fait.

     Je ne peux en dire davantage. Je vous quitte tous, toutes, définitivement cette fois, du moins je l'espère.
                                                          
                                                       Courage !"

                                                       (Guy)


guy.jpg
  

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Published by Sous-lieutenant Piotr Marat KARPOV - dans Rubrique à brac
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commentaires

celia 24/10/2007 16:07

j'ajoute simplement que le 15 de france n'est plus en mesure auj de se permettre de ce genre de fantaisie

celia 24/10/2007 15:12

oui,je vois que karpov a su voir clair dans le soudain interet de sarko pr les resistants français,meme si il fallait vraiment etre un grolandais pr etre dupe.

Sous-lieutenant Piotr Marat KARPOV 24/10/2007 16:04

      Le Sous-Lieutenant considère cet "intérêt" subit du nain hongrois comme quelque chose d'incongru, inconsistant et de peu de cohérence idéologique (exalter le patriotisme ? sublimer le dévouement par le sacrifice chez la jeunesse ? ou, plus rigolo : montrer INCONSCIEMMENT que le militantisme politique est la seule manière de devenir un être conscient, humain). Le Sous-Lieutenant pense simplement à une LUBIE passagère du nabot élyséen. Le plus marrant, c'est que ses lubies sont contagieuses (voir la lecture de la lettre fatidique au XV de France).

Rava 22/10/2007 19:11

Bravo !C’est votre lettre que l’on devrait faire lire dans les lycées.

Sous-lieutenant Piotr Marat KARPOV 23/10/2007 10:41

     Eh bien, Karpov a une copine prof, il lui demandera de la lire.