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20 juillet 2007 5 20 /07 /juillet /2007 14:07
MAILLOT JAUNI

Maillot-Jaune-Tour-de-France-2006.jpg
     Il semble que cette année, contrairement à l'an dernier, on n'attendra pas l'arrivée du Tour de France pour admettre que le vainqueur de la course utilise certains médicaments.

       Ne serait-il pas temps, pour la cohorte de journaleux que le Tour nourrit des miettes de ses éclats, de donner une fois pour toutes la règle déontologique du cyclisme comme de tous les sports professionnels médiatisés :

utilise tant que tu veux tout "médicament", mais point ne te fais attraper.

         Cela permettrait à bien des amateurs de cyclisme d'assimiler la ronflante hypocrisie de certains gros sponsors (notamment la marque "à 3 bandes") qui parlent de se désengager des courses cyclistes chaque fois qu'un coureur se fait pincer la seringue dans la cuisse.
         Ces requins-là savent pertinemment ce qui se trame dans les équipes arborant leurs logos consommationnistes ; ils en reconnaissent les effets remarquables, notamment au moment des bilans comptables. Les montagnes de profits générés par 3 semaines de Tour de France ne les incitent pas à jouer cartes sur table. N'est-il pas ô combien préférable de crier haro sur le baudet pris en flagrant délit d'avoine génétiquement modifiée.

          Quand est-ce que la fine équipe de France Télévision, qui  soutient et retransmet la course pour 180 pays, fera un travail plus subtil que celui qui consiste à roucouler à longueur d'antenne sur le "sport passion", la "course propre" et autres "ohlala quel moment d'émotion" ? Quand la chaîne "publique" enverra-t-elle des investigateurs à la recherche des lieux d'entraînement gardés secrets par les managers ?


seringues.jpg 

           Quand donneront-ils la parole aux médecins sportifs (pas ceux payés par le cyclisme professionnel) qui, depuis plus de 25 ans, parlent aux murs de l'évolution des techniques médicamenteuses permettant une amélioration exponentielle des performances du sportif (et une augmentation abyssale des risques de dommages collatéraux pour sa santé) ? "Performance", que voilà un mot qui met à genoux journalistes, spectateurs, sponsors, politicards et autres adorateurs du surhomme médiatique - enfant légitime de 3 parents adoptifs en "-isme" : le nazisme, le stalinisme ET le capitalisme.

          Nous vivons dans l'ère de "l'individu" ; les instances sportives ne manquent pas d'être imprégné de l'idéologie qui en découle et elles prétendent donc régler un problème systémique par des mesures individuelles. Le coureur qui se "charge", les médications qu'il s'inocule par une voie ou par une autre, ce n'est pas lui qui les a inventées. Ce n'est pas non plus lui qui supervise les réseaux qui permettent de se procurer les produits mis en cause. Et ce n'est pas plus lui qui, fort d'études en "médecine" avec spécialisation en "fabrication de surhommes à la clé", joue les "Dr Ferrari" pour transformer un être humain en...Ferrari.

          Voilà donc les coureurs sommés de se comporter en petits garçons, d'inventer des histoires d'une naïveté qui confine à l'innocence pour se dédouaner d'une prise évidente de substances prohibées : embouteillages, courrier égaré, pas de possibilités d'envoyer des mails, pas de téléphone portable (!). A quand un sportif dont l'humour pimenterait quelque peu le rituel obligé : il y avait un tremblement de terre, un tsunami, un nuage de sauterelles ou la 3ème guerre mondiale... spectacle affligeant de la personne traquée par les phares médiatiques, poussée à se dédire, à balbutier, à inventer des idioties pour échapper à une sanction-feuille de vigne.

     Peloton.jpg
      Le mode de production exige la compétitivité, la compétitivité nécessite la performance, la performance crée le spectacle, le spectacle suscite l'émotion "populaire", l'émotion se transforme en marchandise, la marchandise est facteur de profit, le profit doit augmenter et, au bout, la médicamentation sert d'huile dans les rouages pour que ceux-ci tournent à plein et toujours plus vite. Au risque que l'élément humain ne rompe. Mais celui-ci est interchangeable : une "star" chasse l'autre.

             Ainsi va la vie du cyclisme, que les autres sports concernés par la drôle de médecine "compétitionnelle", voient avec satisfaction (et soulagement) s'empêtrer dans ses histoires vaudevillesques sans fin, qui finissent par faire partie du spectacle lui-même. Dans le capitalisme, c'est comme dans la nature, rien ne se perd...

armstrong2000.jpg(cet Armstrong-là n'a pas marché sur la lune, non, il a accompli quelque chose de bien plus extraordinaire : il a remporté 7 fois le Tour de France après avoir failli mourir d'un cancer des testicules)
         
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commentaires

A
Venez débattre sur Mon blog qui est le suivant: http://segoleneroyal2012.over-blog.fr/Et dès maintenant,abonnez vous en grands nombres à la Newsletter.Venez nombreux voir ce blog malgré vos appartenance politique,il est ouvert à tout le monde.
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L
Bonjour mon sous lieutenant !Je suis désolé de ne pas vous laisser beaucoup de commentaires mais je n'ose pas m'exprimer sur vos articles !! Je ne sais quoi dire !En revanche je vous invite a revenir sur mon blog pour laisser des votres !! merci d'avance...la petite charlotte.
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L
Aloha,la photo des seringues, c'est un peu la patrouille de fRANCE version junk monomaniaque, très bien trouvée.Tu défends magnanimement des gens qui passent quand même la quasi totalité de leur temps 'éveillé' à bourriner pour assumer leur égo de lutteur shadokesque cautionnant le grand show biz des vendeurs de produits dérivés, au dépend de leur santé et de leur vie de famille probablement, ça m'étonne, surtout que tu as l'air de vibrer pour le rugby, qui reste l'ultime fair-play (bien que le billard français dans son genre, quoi les tables chauffées?). Il n'y a pas à ma connaissance d'images  d'un de ces représentants de la petite reine qui vomit (en dehors des éventuelles over-ingurgitations) sur ce que cette aventure est devenue; le pôt belge devrait pleuvoir dans les machines à cafés de PSA et que vive le meilleur des mondes.
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S
     Karpov se refuse à confondre la personne humaine avec le système qui l'instrumentalise.     Tous les coureurs du Tour ne sont pas des Armstrong ou des bénis oui-oui à la Christophe Moreau. Certains franchissent le pas et "mangent le morceau", sachant pertinemment qu'ils vont foutre leur carrière sportive en l'air. La plupart de ces repentis disparaissent dans l'anonymat et le milieu cycliste referme prudemment son obscurité derrière les "défroqués". Il y a eu notamment un coureur d'origine bretonne (karpov a oublié son nom) qui a écrit un bouquin et s'est mis à chanter du rock'n'roll contestataire ! Une fois, en direct sur Canal +, il a fait un petit discours, en citant Karl Marx. Mais comment s'appelle-t-il bon sang ! Karpov va chercher...