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18 juillet 2007 3 18 /07 /juillet /2007 13:30
STRAUSS-KAHN, LE DJACK ET LA GREVE


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     N'est-ce pas qu'elle est belle, la gôche française, magnifique même. Pendant que les dirigeants fraîchement élus piétinent avec délices les conditions de travail des salariés, que fait donc Strauss-K ? Parti en "tournée internationale", le gugusse, pour bien démontrer à la classe capitaliste qu'il est le meilleur choix à la tête du FMI. Vous savez, le FMI, cette organisation philanthropique qui met les pays en "difficulté" dans des difficultés bien pires.

     Et que fait donc l'autre, là, le Djack ? Eh bien, il va participer à une commission impulsée par Président Sarko, pour réfléchir à une "réforme des institutions". Hein, c'est-y pas un grand destin ? Vous savez, les "institutions", celles qui protègent un Pasqua qui se pavane au Sénat et à la télé, un Chirac  vacancier tranquille (avec la bourgeoise) au Maroc et tel ou tel ancien PDG qui se prend un "golden parachute" de quelques dizaines de millions d'euros, une paille pour la retraite des vieux capitalistes.

     L'avez-vous entendu parler d'autre chose que de ses "compétences" en matière d'économie, Strauss-K ? Et le Djack ? L'avez-vous ouï cancanner d'autres fadaises que celles sur son plan de carrière, égrenées tout en caressant suavement un noeud de cravate de gôche ?

    Celui qui peut rapporter une quelconque causerie Strauss-Kahno-languienne au sujet de "la grève en tant qu'arme de classe" ne naîtra jamais.
    Eh non, les plus beaux fleurons de la gôche française ne s'amèneront pas de sitôt pour faire l'éloge de la grève générale illimitée sans préavis à un parterre ébahi. Strauss-K est plutôt un fervent de courbes de profit et de compétitivité. Quand au Djack, sa cravate penche pour les vernissages mondains hautement culturés, les phrases creuses et ronflantes d'avocaillon et les actes de présence ostentatoire à la gay pride de son pote Bertrand.

   Ces 2-là, durant le cours de leur aristocratique existence, ont-ils jamais participé à un jour de grève- un jour un seul un unique -? Savent-ils ce que c'est que de lutter pour un salaire moins misérable, pour un abaissement des heures de travaux forcés, pour moins d'intensité physique et morale sur le poste de travail ? Se sont-ils déjà coltinés au quotidien une idéologie dominante de culpabilisation, véhiculés par une hiérarchie de petits frustrés pavloviens ? Leur est-il arrivé d'affronter la concurrence des chômeurs ? D'être ballottés entre détermination et doute, quand l'accumulation des journées de luttes "illégales" mettent en péril les proches, les compagnons, les compagnes, les enfants ? Vous savez bien que non. Tout ce que vous pourrez arracher des lèvres de ces 2 pingouins de la gauche bourgeoise, c'est que la grève est "un droit" et qu'il ne faut pas attenter à ce droit, dont les salariés disposent bien entendu grâce à la bonne volonté philanthropique de la classe dirigeante.
     Président Sarko partage également ce point de vue : simplement, lui, le nabot qu'une majorité d'électeurs a assis sur son pouf de l'Elysée, défend à équivalence le "droit de travailler".

   Aaah, le "droit de travailler"... avez-vous jamais songé à ce que cette formule recouvrait dans la cervelle de celui qui, d'un air satisfait l'énonce tout en se palpant discrètement la Bourse ? Pensez, droit de se lever à 6 plombes du mat', droit de s'envoyer vit' fait un café et de passer une heure aller une heure retour dans les transports en commun ou dans sa caisse, droit d'arriver vit'fait sur le lieu de travail, droit d'accomplir sa journée de labeur sous le harcèlement conjugué du petit chef, des cadences et de la pression qu'on se met soi-même tout en ayant parfaitement le droit de la fermer et, la nuit venue, droit d'en cauchemarder ou de ne pas en dormir ?

     Le "droit au travail" est un droit individuel. Il débouche logiquement sur le droit au suicide, mais curieusement, ses défenseurs n'en parlent jamais de ce droit-là.

    Pour finir, un truc que Strauss-K et Djack ne vous diront pas, non par sournoiserie mais simplement parce qu'ils l'ignorent :

    le meilleur antidote au désespoir individuel conduisant à la dépression et parfois malheureusement à une fin tragique, c'est l'acte politique collectif, la lutte, qui unit et réunit les individus, qui les porte et les transcende, qui sollicite leur esprit de combat et de décision, qui leur fait découvrir des capacités que chacun ne soupçonnait pas mais que l'association révèle dans le cours même de l'affrontement travail contre capital, qui donne à tous les frères de classe courage, intelligence, force. Qui fait dire MERDE à tous les Djack, les Strauss-Kahn, Fillon, Sarko et autres avocats du capitalisme et la même chose au "droit de grève", ce droit bidon inventé par la très démocratique bourgeoisie.

     La grève comme remède au désespoir des salariés, comme arme pour refiler une dépression chronique à l'individu entrepreneurial et à la classe qu'il défend férocement.



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