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15 juillet 2007 7 15 /07 /juillet /2007 09:43
PLEURE Ô PALESTINE

Y A-T-IL UN FUTUR DANS LE PRESENT ?

IX

     La chute de l'Empire ottoman donna naissance au pan-arabisme. Durant la 1ère guerre mondiale, l'ensemble de la zone qui va de l'Egypte à l'Iran en passant par Bagdad entra en ébullition. Les 3 capitales historiques du monde Arabe, Le Caire, Damas et Bagdad, furent particulièrement touchées. Ces 3 centres culturels connurent un rayonnement qui porta en avant le mouvement arabe moderne, mais s'essouffla à mi-chemin du but premier : une grande nation Arabe unie, indépendante de l'Occident.

 
          Prenons l'Egypte. Depuis le début du XIXème siècle, le gouvernement égyptien - turc à l'origine - s'était constitué en tant que pouvoir autonome. Ainsi l'Egypte échappa-t-elle à une partition désastreuse.
        En Irak et en Syrie, ce fut une autre paire de manches. Quand naquit un mouvement national, l'impérialisme était déjà sur place, louchant sur les richesses du sous-sol. En conséquence, Bagdad et Damas n'eurent jamais ni la possibilité ni les forces nécessaires pour développer un Etat national bourgeois moderne.
         
Damas-1920.jpg(Damas, 1920)



         Le Moyen-Orient vit se présenter des mouvements de revendications identitaires qu'on regroupe généralement sous l'étiquette "pan-arabisme".
          Après la 2ème boucherie mondiale, le Nassérisme et le Baassisme connurent un relatif essor :
            - le Nassérisme, du nom de son fondateur, l'Egyptien Gamal Abdel Nasser, constituait une manière de compromis entre nationalisme pan-arabiste et religion, disons un "arabo-islamisme" ;
            - le Baassisme était plus radical, se fondant uniquement sur "l'arabité" et étant un mouvement laïque, c'est-à-dire faisant la séparation entre mouvement politique et mouvement religieux.
    
nasser6.jpg(Nasser : une ascension vertigineuse, une chute qui le fut encor plus)



          Parallèlement à ces 2 courants principaux, en existait un 3ème : le pan-islamisme. Ses représentants se situaient essentiellement en Egypte : les Frères Musulmans, que le nationalisme arabe condamnait et réprimait
parfois très durement. Ceux-là rêvaient aussi d'une nation Arabe, mais pas simplement au Moyen-Orient, non ; ils voulaient toute l'Afrique du Nord, considérant que l'arabité allait de l'Atlantique au Golfe Persique.
          Le Baassisme, essentiellement implanté en Syrie et en Irak, connut différents schismes liés à des interférences religieuses locales, ce qui donna par la suite 2 branches divergentes, l'une à Damas, l'autre à Bagdad.

          derricks-en-Irak.jpg(derricks en Irak)



          Revenons-en au pan-arabisme : incontestablement un mouvement réactionnaire, basé sur l'unité et la "pureté" de la race, la revendication de l'origine unique d'un peuplement, à l'instar de ses "cousins" pan-slaviste et pan-germanique.
      Logiquement, comme le pan-slavisme et le pan-germanisme, le pan-arabisme est allergique à toute idée de socialisme, a fortiori de communisme. Au Moyen-Orient, la répression s'abattit impitoyablement sur les organisations communistes d'obédience stalinienne et ce beaucoup plus que, par exemple, en Afrique du Nord.

          Comme on l'a déjà vu précédemment (Pleure ô Palestine VI),
en 1978 les accords de Camp David  firent basculer l'Egypte hors du camp Arabe. Le "raïs" égyptien Anouar El Sadate, nobélisé la même année que les accords, sera exécuté 3 ans plus tard par un commando des Frères Musulmans. A l'Egypte il ne fut jamais pardonné non seulement d'avoir rejoint les israëlo-états-uniens, mais surtout d'avoir négocié unilatéralement, sans poser le problème du règlement général de la situation au Moyen-Orient comme condition d'un règlement spécifique des problèmes avec l'Egypte. Cela provoqua une fracture ouverte entre Syrie et Egypte. Le pan-arabisme ne s'en releva pas. Dans l'esprit de cette idéologie, on devait agir comme "Arabe" de prime abord, Egyptien, Syrien ou Irakien en second lieu seulement.

assassinat-de-Sadate.jpg(1981 : Anouar El Sadate est mitraillé à mort sur sa tribune présidentielle)



EN GUISE DE CONCLUSION PROVISOIRE

          La Palestine vit se succéder divers impérialismes et diverses manières d'être spoliée et occupée. Aux formes coloniales, avec occupation des terres, mise à l'index de tout ce qui était Palestinien, succéda un apartheid régnant dans tous les territoires occupés.
           Parallèlement à cette situation désespérante de la population palestininenne, l'intérêt de l'impérialisme ne se relâche pas. Cette dangereuse attention naît dès avant 1945 de la nécessité pour l'Empire états-unien de contrôler la route du pétrole moyen-oriental. Tous les problèmes s'y accumulent depuis. Les guerres se sont succédées - notamment au Liban qui cumule 14 années d'affrontements sanglants. Les réfugiés palestininiens en Syrie, en Jordanie, au Liban et ailleurs, importent avec eux des situations très tendues, qui empoisonnent la question sociale des pays "accueillants".
        La revendication centrale posée par les réfugiés palestiniens, le droit au retour, est impossible à régler dans la situation actuelle ; pour en avoir une idée, il faut imaginer que l'ONU décrète le retour des états-uniens d'origine européenne dans leurs pays respectifs ! (encor que, cela serait peut-être moins ardu que le retour des réfugiés en Palestine)
         Les Palestiniens réfugiés sont plus nombreux que ceux qui vivent dans les territoires occupés. Dans le cadre actuel des rapports internationaux, tout cela est insoluble.

          Existe-t-il une solution à la situation de la Palestine ? Il faudrait ad minima un bouleversement du cours de l'impérialisme mondial. Or, les Etats-Unis veillent sur la zone géo-stratégique et maintiennent un gendarme pour surveiller les voies de communication et de passage du pétrole.
          Les problèmes ne se dénoueront pas par un accord entre pays minuscules, petits états non-viables s'entre-déchirant constamment. Cela ne pourra surgir que d'une situation bloquée, une crise totale née de la concurrence entre gigantesques Empires qui pourrait accoucher, de gré ou de force, d'une amélioration réelle.
          Pour commencer, un seul Etat dans la région pour tout le monde, arabes, juifs, chrétiens et surtout...non-croyants (solution proposée par Khadafi). Mais pour cela, il faudra nécessairement que salariés israëliens et salariés palestiniens prennent conscience de concert que rien ne les oppose, hormis l'idéologie capitaliste et ses officines religieuses.     
           



Palestine.jpg
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commentaires

L
Ce commentaire m'est venu après la lecture de ton texte sur les tafiolles de gogoche, pas sur celui concernant la Palestine, pays dont la situation m'atterre mais sur laquelle je ne permettrais de m'exprimer.
Répondre
L
Aloha,tu vises toujours juste sans viser bas. J'aime. Seulement me démange un tantinet le besoin de t'entendre t'exprimer sur les moyens de féférer, de rameuter, d'avoir un réel contre-pouvoir sans être représenté, parsk'il me semble que c'est aujourd'hui l'ultime problème. La volonté et la connaissance sont là, et elles croissent proportionnellement à la raréfaction de l'espace vital et de la friche,  mais vu que les syndicats ont trahi, qu'est-ce qu'il nous reste hormis une sorte de dissidence individuelle?
Répondre
S
     "Une sorte de dissidence individuelle", oui, c'est une façon assez exacte de définir aujourd'hui la situation de quelqu'un qui, politiquement conscient, cherche des "voies" ou des canaux pour exprimer ses convictions.     Karpov, lui, parle d'"entrer en résistance". S'il est vrai que la solitude est un handicap en politique, il faut aussi savoir CE QU'ON NE VEUT PAS :      - hurler avec les loups ;     - s'agiter pour s'agiter, sous le prétexte fallacieux de "faire quelque chose" (ou est-ce que cela a conduit la gauche française ?) ;     - se commettre dans des alliances ou des "fronts uniques" , dans lesquels on est forcé de mettre sous l'éteignoir ses revendications fondamentales.      Karpov ne peut qu'inciter les personnes de bonne volonté politique consciente à ne pas négocier leurs convictions contre un certificat de bien-pensance humaniste de la gauche bourgeoise. Et surtout à AIGUISER leurs connaissances politiques, à acquérir des MUNITIONS d'arguments en vue de polémiques à venir.     On ne peut "fédérer", on ne peut "rameuter" que des gens dans un MOUVEMENT. Et à ce moment-là, les polémiques avec les OPPORTUNISTES de tous crins que ne manque pas de susciter ce mouvement prennent toute leur importance.     Karpov te dit simplement: la révolution n'est pas pour demain, MAIS elle demeure plus que jamais à l'ordre du jour (face à la prédation accélérée de la planète par le capitalisme). Des luttes sociales vont renaître. Quand ? Difficile à prévoir. Il faut être PATIENT et ne jamais croire que les évènements vont dépendre de sa petite personne. On n'est pas politisé pour se faire plaisir, ou alors c'est qu'on n'est  que superficiel.           Karpov t'invite à alimenter ta "lumière intérieure", afin qu'un jour elle puisse éclairer ceux qui cherchent avec détermination des réponses à leurs interrogations politiques.