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1 juillet 2007 7 01 /07 /juillet /2007 09:38
PLEURE Ô PALESTINE

VI

        Depuis les années 1930, les Etats-Unis ont posé le pied au Moyen-Orient. Certes, ils ont de "l'or noir" chez eux, mais moins abondant, plus difficile à extraire donc plus coûteux.
      En 1943, la Conférence de Téhéran réunit Roosevelt, Churchill et Staline. Truman, qui n'est encor "que" vice-président des Etats-Unis, fait un détour par l'Arabie Saoudite. Il s'établit, entre le clan des Saoud qui dirige le pays et l'Empire états-unien un modus vivendi : moyennant la part du lion dans l'extraction, le raffinage du pétrole et son import-export, les partenaires nord-américains assurent le verrouillage sécuritaire du pays et chassent tous leurs concurrents du Moyen-Orient.

       Arabie-Saoudite.gif
(Arabie Saoudite : attention zone hyper-stratégique)



        Cela commença par les franco-britanniques pour finir par les Russes.
     Pour les "froggies" et leurs frères ennemis anglais, la tâche ne fut pas aisée. Ceux-là étaient les héritiers d'une longue histoire de conquêtes coloniales, mais qui touchait à sa fin.
     Les Russes, eux, s'effondrèrent tout seuls. S'ils étaient parfaitement capables de fournir des montagnes d'armes diverses aux pays arabes, en revanche ils n'avaient pas le capital nécessaire au développement économique de ces pays.
    
     Ce qui a encore favorisé cette main-mise états-unienne sur le Moyen-Orient, c'est le fait que la décolonisation de l'Empire ottoman n'ait pas amené de mouvements de libération nationaux suffisamment forts pour accomplir une révolution bourgeoise complète.
     Hormis l'Egypte - qui, sous domination ottomane, avait déjà son propre gouvernement - les autres ne purent aller au delà de simples mouvements de luttes paysannes. Et, ce qui n'est pas pour favoriser toute lutte révolutionnaire, ils étaient assis sur le plus grand gisement pétrolier connu de la planète. Tous les requins impérialistes braquèrent sur eux leurs yeux injectés de "pétro-dollars". Pour les prédateurs occidentaux, la question n'est pas : "quel pays sera indépendant ?" mais "qui va nous distribuer les cartes ?" 
     Avec la décolonisation s'entremêlent les tensions croissantes entre rivaux impérialistes, qui bavent devant les gigantesques gisements d'énergie fossile.

     A ce moment précis intervint la création ex nihilo de l'Etat d'Israël (1948). Avant, pendant et après cette création, la colonisation des terres des Palestiniens ne cesse pas. Jusqu'au verrouillage définitif du circuit du pétrole moyen-oriental, cet abcès de fixation servira aux impérialismes dominants à maintenir un état de guerre permanent qui favorise largement leurs desseins.
     
     creation-israel-1948.jpg(David Ben Gourion, 1er chef du gouvernement d'Israël)



     On l'a déjà constaté, l'incapacité du mouvement national arabe à terminer sa révolution démocratique bourgeoise n'a pas été pour peu dans cette mise à sac de la région. Ce mouvement national, nourri de diverses idéologies - le plus souvent contradictoires - a échoué. Les pouvoirs locaux, "soutenus" par l'impérialisme occidental, ne sont capables que de maintenir "l'ordre", pour le plus grand profit des investisseurs étrangers et la plus grande perte de leurs peuples.
     Le problème se posa dans les mêmes termes avec l'OLP de Yasser Arafat. Ce n'était pas une question de "supériorité" des Juifs ou des Arabes, mais de capacité à maintenir l'ordre. Les problèmes posés en Palestine étaient bien trop importants pour la seule OLP. Les Etats-Unis décrétèrent donc qu'Arafat n'était plus un "partenaire" crédible. Le reproche classique était l'impuissance de l'Autorité palestininenne à maîtriser un tant soit peu la situation dans les territoires occupés.
     
       Yasser-Arafat.jpg
(Yasser Arafat, du combat à la diplomatie, de la diplomatie à l'isolement politique)


     Si l'on s'attarde sur le parcours de l'Egypte, qu'est-ce que l'on constate ? Après les accords de Camp David (1978), celle-ci est incorporée à la sphère d'influence états-unienne. Les dirigeants égyptiens acceptent désormais de participer à la "pacification" de la région et ils joignent le geste à la parole : participation à la 1ère guerre du Golfe (1990-91), interventions au Soudan et en Lybie contre "l'incontrôlable" Muhammar al Kadhafi.

(à suivre)

image.jpg(1978 : Anouar El Sadate, Jimmy Carter et Menahem Begin scellent les accords de Camp David ; l'Egypte bascule dans le camp ennemi)


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Published by Sous-lieutenant Piotr Marat KARPOV - dans karpov
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