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15 juin 2007 5 15 /06 /juin /2007 10:50
PLEURE  Ô PALESTINE

     PREAMBULE

DE LA CONCEPTION DEMOCRATIQUE DES DEMOCRATIES OCCIDENTALES

         En 1990 se déroulèrent en Algérie des élections locales, les 1ères élections dites "libres". Le FIS emporta 853 communes sur 1539 et 32 provinces (wilayas) sur 48. Le lendemain, l'Etat Algérien soutenu par son "ami" l'Etat français décréta le couvre-feu et l'état de siège.

        L'an dernier en Palestine, au mois de février, les élections législatives donnèrent au Hamas 56% des sièges du Parlement palestinien. Mahmoud Abbas dit "Abou Mazen", président de l'Autorité Palestinienne, soutenu par les Etats-Unis, Israël et l'Europe aux roubignolles molles, fit capoter le résultat des urnes.

             A l'heure où le Sous-Lieutenant P.M. Karpov tapote ces lignes, le Hamas a achevé par la forces des armes ce que les élections lui avaient donné "légitimement", endossant ainsi d'une manière toujours plus seyante, le costume de "méchant" de service que le casting israëlo-états-unien a décidé de lui attribuer depuis peu.


I

AU COMMENCEMENT, LE VER ETAIT DANS LE FRUIT

           Comment appréhender ce qui se passe aujourd'hui en Cis-Jordanie et dans la bande de Gaza, si on ne revient pas aux origines du conflit ? Autant juger d'un mal par ses symptômes et chercher seulement à les effacer au jour le jour.

         La question palestienne fut posée pour la 1ère fois en 1840, dans des articles de presse relatifs à un "royaume juif", soit un territoire, un foyer juif créé par l'entremise de la Grande Bretagne. Car cette idée première est surtout une idée britannique.

              On est alors dans un contexte de démembrement de l'Empire ottoman. Vous savez, cet "homme malade de l'Europe" dont l'Europe aujourd'hui ne veut guère. Dans les chancelleries occidentales, on bave de convoitise sur des cartes géo-politiques, on suppute quels morceaux du cadavre on va pouvoir s'attribuer.

            middle-east-grndwater-1973.jpg                (l'empire ottoman en 1878 : "L'homme malade de l'Europe")




             Après 1815 (Waterloo, morne plaine), il n'existe plus de conflit direct entre l'Angleterre et la France. Ca durait depuis le Moyen-Âge et soudain, voila 2 nations orphelines de leurs tueries mutuelles. Mais il ne s'agit que de différer  l'affrontement des Empires concurrents. Toutes les guerres se feront désormais par colonies, Etats-satellites et possessions interposés.

          En Europe, la révolution bourgeoise progresse notablement, principal effet des guerres napoléoniennes (au grand dam des pacifistes de tous temps). Le conflit France-Allemagne prend momentanément le pas sur "notre" rivalité de toujours avec messieurs les rosbifs civilisés.

        Bon, 1840 donc. Un des dirigeants de l'Egypte - toujours sous domination turque - nommé "Mohamed Ali" (comme Cassius Marcellus Clay avant sa conversion) amène celle-ci à se détacher de l'ex-puissance ottomane. L'Egypte devient une sorte d'entité nationale et prétend retrouver son "égyptianité" (son égyptianitude, dirait la future secrétaire du PS français). Notre Mohamed Ali se pique de modernité (ou de "modernitude") : allié de l'Occident - notamment de la France - il ne s'oppose pas, par exemple, à la création toute fraîche d'une colonie française en Algérie (1830). Son but à lui, c'est d'avoir les mains libres au Moyen-Orient.

             Naturellement, l'Angleterre observe ce manège avec suspicion. Pour elle, il s'agit que l'Egypte ne retrouve surtout pas une aire stratégique de développement entre Moyen-Orient et golfe persique.

 
(à suivre)
 
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commentaires

J
Fort bien: tout ce qui fournit prétexte à Israël pour maintenir une politique coloniale en Palestine convient mieux à Israël et à ses alliés US que la paix. on es bien d'accord, Karpov.
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J
Hello Karpovbonne idée cette mise en perspective; tu as raison: le Hamas achève le boulot pour le plus grand benef d'Israël et des Etas-Unis, en prenant un pouvoir donné par les urnes (!). Qui va légitimer toute les exactions US dans la région... "Le gouvernement israélin ne laissera pas s'installer une grave crise à ses portes"(Charles Enderlin, journaliste), ben voyons. Et la Cisjordanie? C'est la suite. Ca fait combien de fois qu'on voit ça????
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S
     Karpov se fait fort dans ce travail entamé de montrer, entre autres, que les "situations de crises" aux portes d'Israël sont les situations qui conviennent le mieux à Israël.